

À Étampes, charmante sous-préfecture du sud de l’Essonne de 26 800 habitants, une drôle de campagne municipale bat son plein depuis de longues semaines. Elle oppose trois candidats, ou plutôt deux, on ne sait pas. D’abord, Mathieu Hillaire, encarté chez les Insoumis, qui a rassemblé la gauche derrière lui. Puis Gilles Bayart, candidat divers droite. Et enfin, Franck Marlin, le maire sortant, en poste depuis 1995, qui est devenu un fantôme. Pas de son, pas d’image. L’homme politique, étiqueté Les Républicains, est porté disparu. Le 14 octobre dernier, relaxé au bénéfice du doute dans une affaire de détournement de fonds publics, il avait pourtant annoncé sa candidature pour concourir à un sixième mandat mais, depuis, le désert. Mystère total. Pas d’affiche sur les panneaux électoraux, pas de tract, pas de réunion publique, pas d’entretien donné à la presse locale, au Parisien ou au Républicain de l’Essonne : rien. En centre-ville, même les commerçants de la place Notre-Dame ne l’ont plus vu passer depuis bien longtemps, y compris pendant le marché de Noël. Aux conseils municipaux, cela fait des mois que sa chaise est vide. Franck Marlin laisse le soin à sa première adjointe de diriger les débats. Est-il seulement toujours en ville? Sa seule activité publique est digitale. Sur son compte Facebook, il commente l’actualité du pays ou de la ville, et envoie des missiles dès que l’occasion se présente en direction de son principal opposant, Mathieu Hillaire, sans jamais évoquer la campagne actuelle. À croire qu’il se planque.
















