

Aucun des sept Moldaves n’est dans la salle du tribunal correctionnel de Paris ce 23 février. Ils sont pourtant poursuivis pour des faits que l’avocat général qualifie de “graves pour notre défense nationale”. Oui mais voilà, la Moldavie reste le pays le plus pauvre d’Europe et ce ne sont pas les maigres ressources des intéressés qui leur auraient permis de se payer un billet d’avion vers la France pour pouvoir s’expliquer. C’est du moins ce qu’ont plaidé en introduction de l’audience les avocats de la défense pour excuser leur absence à la barre. “Mon client ne gagne que 800 euros au noir par mois et doit s’occuper de sa mère”, a justifié l’une. “Il ne gagne que 400 euros et doit payer son loyer”, a rebondi une deuxième. Tant pis. C’est donc sans eux que le juge a résumé les faits. Deux séquences identiques et menées “selon le même mode opératoire”, d’abord entre le 6 et le 8 juin 2024. La Sûreté territoriale est alors informée de la présence de tags sur la façade de plusieurs bâtiments parisiens du VIIearrondissement, dont celui de l’Assemblée nationale. Les agents découvrent des messages comme “Soldats français en Ukraine” écrits au-dessus de cercueils. Les vidéos de surveillance permettent d’identifier trois hommes portant des gants en latex, des bombes et des pochoirs. Ils se sont déplacés dans Paris avec des vélos en libre-service. Les images mènent les enquêteurs vers un hôtel, où l’on confirme qu’une chambre a été réservée par deux personnes au passeport moldave. Le 8 juin, à 3h45, la police interpelle le trio: Andrei Lisii, Denis Malendra et Gabriel Furdui. Des jeunes à peine sortis de l’adolescence et sans diplôme qui n’avaient jamais vu Paris avant leur arrivée la veille des tags. Lors des perquisitions, dans la chambre d’hôtel et dans un appartement du XVIIIearrondissement, la police trouve des tickets d’achat de bombes aérosols.
















