L’étrange retour de la saignée | Society
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L’étrange retour de la saignée

Vieille de plus de 3 000 ans, la pratique serait devenue la panacée des biohackers, ces adeptes du bien-être prêts à faire de leur corps un laboratoire afin d'optimiser leur santé.
Un médecin avec un masque de peste demande "Alors ?" à un patient allongé sur un brancard, qui répond "Franchement bof !" avec un seau placé sous son bras qui fuit.
 Illustration: Hector de la Vallée pour Society
  • Eitanite Bellaïche / Illustration: Hector de La Vallée
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Louis XIV y eut recours plus de 2 000 fois tout au long de sa vie. Le peuple s’y adonna longtemps lui aussi, se saignant préventivement le week-end “parce que les ouvriers ne pouvaient s’offrir le luxe de tomber malade”, selon le docteur Pierre Brissot, hépatologue membre de l’Académie nationale de médecine. Puis la pratique est tombée en désuétude. Jusqu’à ce que la Silicon Valley -qui d’autre? – la remette sur le devant de la scène. Qu’on se le dise, la saignée (nom scientifique: phlébotomie), vantée par Pline l’Ancien, Hippocrate, puis Galien, est aujourd’hui de retour. Pour ces grands anciens, le corps reposerait sur un équilibre fragile entre quatre fluides: le sang, le phlegme (ou lymphe), la bile jaune et la bile noire. Lorsque cet équilibre se rompt, la maladie s’installe. Pour rétablir l’harmonie, il faudrait donc purger le corps, par la sueur, les purgatifs… ou la saignée. De plus en plus d’entrepreneurs de la tech, eux, voient dans l’évacuation de sang un moyen de combattre ce qu’ils considèrent comme le grand ennemi silencieux de l’ère moderne: l’excès de fer. Et ce, alors même que de nombreuses personnes, en particulier des femmes, souffrent en réalité d’anémie chronique, soit le contraire: des carences en fer.

Society #269

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