

On est le 21 janvier 2021 au matin, six mois après l’arrestation de Sébastien Leroy et de sa “cellule”, quand les policiers sonnent à la porte de Daniel Beaulieu. La perquisition débute comme beaucoup d’autres, jusqu’à ce que les fonctionnaires remarquent que leur hôte tente de jeter 4 800 euros par la fenêtre donnant sur le jardin. Les billets sont récupérés, placés sous scellés. Un geste qui dit quelque chose de l’état d’esprit de cet homme, mais moins que le coup d’œil porté à sa bibliothèque, qui déborde d’ouvrages consacrés aux techniques de manipulation mentale, à la psychologie criminelle, aux méthodes d’interrogatoire. De nombreux supports informatiques et téléphoniques sont saisis. Sur des clés USB, les enquêteurs découvrent des rapports de surveillance, des photographies, des vidéos et le fameux dossier “911”. Ils mettent également la main sur des munitions de calibre 7.65 Luger, soit les mêmes que celles utilisées dans la tristement célèbre tuerie de Chevaline, toujours irrésolue neuf ans après les faits*. L’enquête préalable avait déjà permis de découvrir que le retraité menait une double vie sentimentale depuis près de 30 ans, chacune de ses compagnes ignorant tout de l’autre -une existence qu’une pension de retraite des services permet difficilement d’assumer. Simultanément à la perquisition chez Beaulieu, une descente a d’ailleurs lieu chez Laurence Derosin, l’une de ses deux moitiés. Aux enquêteurs venus la rencontrer, celle-ci se dit persuadée qu’il “exerce toujours au sein de la police” et qu’il est marié mais “séparé depuis plusieurs années”. Clairement, il se passe quelque chose autour de Daniel Beaulieu.
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