

Épisode précédent : Espions à tout prix Partie 2
Il ne faut pas compter les heures lorsqu’on est un agent clandestin au service de l’État. Et encore moins compter les bornes. Ce jeudi 29 novembre 2018, une grosse journée attend Sébastien Leroy, 28 ans. Son officier traitant à la Sécurité intérieure, Daniel Beaulieu -nom de code: “Lamberteau”, ou “Rodul”–, lui a attribué la lourde tâche de neutraliser un ennemi revendiqué de la République en raison de ses attaches avec le milieu corse: un certain Laurent Pasquali. C’est la toute première “mission homo” (pour “homicide”, une terminologie qui, dans le jargon des services de renseignement et des forces spéciales, désigne l’élimination physique d’un individu) qui a été confiée à Sébastien Leroy depuis le début de sa carrière, et il entend bien prouver son excellence. Pasquali est un drôle de personnage qu’il a traqué comme dans les films. Avec sa Rolex Daytona en céramique noire toujours au poignet, beau parleur, jovial et charmeur, c’est un flambeur, et une anguille qui n’habite jamais vraiment longtemps au même endroit. Après des mois de recherches pour retrouver la trace de son adresse -dans une résidence à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine–, Leroy l’a surveillé pendant plusieurs semaines, mémorisant les lieux, analysant les allées et venues du voisinage. Il s’y est régulièrement rendu avec un appareil photo pour shooter les extérieurs de la résidence et les parties communes. Des clichés qu’il a soigneusement rangés, avec tout un tas d’autres documents, sur une clé USB, dans un dossier sobrement intitulé “911”, comme l’emblématique modèle de Porsche que conduit parfois l’homme qu’il est chargé d’abattre. Pour cette mission de la plus haute importance, il a aussi recruté son ami Dylan Bilheude, 25 ans, rencontré sur les tatamis huit ans plus tôt. Ils sont prêts. L’heure est venue de passer à l’action.
















