Quand vient la vague | Society
C'est arrivé près de chez vous

Quand vient la vague

Des F-16 qui décollent en catastrophe, des gendarmes qui prennent peur, et tout un pays qui se met à lever la tête vers le ciel. Il y a 30 ans débutait “la vague belge d'ovnis”. Et 30 ans plus tard, on ne sait toujours pas ce qui a traversé le ciel du plat pays.
  • Par Julien Winkel / Illustrations: Raphaëlle Macaron
  • 18 min.
  • Faits divers
Une femme et un chien regardent par la fenêtre depuis un salon. À l'extérieur, le ciel orange est rempli de soucoupes volantes projetant des faisceaux lumineux sur une ville. L'intérieur est décoré avec des plantes et des tableaux.
 Illustrations : Raphaëlle Macaron pour Society

L’image VHS bave légèrement. Sa qualité tout analogique n’empêche cependant pas de discerner quelques éléments pixélisés. Une barre blanche oscillant de droite à gauche. Une sorte de viseur. Des chiffres disséminés ici et là. Quelques carrés, puis un losange qui semble prendre la fuite vers la droite. Il y a 30 ans, ce n’est pourtant pas sur une vieille télévision que cette séquence de quelques secondes s’est affichée, mais bien sur les radars de deux F-16 de la force aérienne belge. Dans la nuit du 30 au 31 mars 1990, aux alentours de minuit, les deux avions décollent de la base de Beauvechain, à une quarantaine de kilomètres au sud de Bruxelles. Leur mission: traquer un objet volant non identifié, suivi depuis près d’une heure par deux radars militaires au sol et par plusieurs gendarmes affirmant observer des points lumineux étranges depuis Ramillies, une commune à 25 minutes de Beauvechain. Lorsqu’on lui donne l’ordre de décoller, Yves Meelbergs, l’un des deux pilotes, est pourtant “perplexe”. Certes, cela fait plusieurs mois que des centaines de témoins racontent avoir vu de curieux objets voler dans le ciel belge, mais les deux dernières sorties de chasseurs n’ont pas vraiment été concluantes. La première n’a rien donné, et la deuxième a tourné à la farce lorsque les avions se sont retrouvés, en fait d’ovnis, à courser les lasers d’une boîte de nuit. Pourquoi l’armée prendrait-elle le risque d’autoriser une troisième expédition? “Il régnait une ambiance d’hystérie collective. Il fallait rassurer la population”, se souvient Guy Coëme, à l’époque ministre de la Défense de ce pays qui héberge le siège de l’OTAN, et dans l’espace aérien duquel les intrus font donc mauvais genre.

100 % ovnis

Society #125

À lire aussi

Abonnez-vous à Society+ dès 4.90€

Des centaines de docus à streamer.
7 jours gratuits !