

Il y a plusieurs façons d’être un expert en vin. Il y a celle de Rudy Kurniawan, l’Américano-Indonésien ayant dans le palais l’équivalent gustatif d’une oreille absolue. Un don qui lui a permis de devenir une star dans le petit monde des amateurs états-uniens de grands crus, de traîner avec un boys club capable de s’envoyer quelques dizaines de milliers de dollars de nectar en une soirée, et de mettre un pied dans la porte des ventes aux enchères de bouteilles prestigieuses. Il y a celle de Laurent Ponsot, héritier du domaine du même nom, en Bourgogne, et vigneron pointilleux dont la rigueur lui permet de rapidement tiquer lorsque, en ouvrant le catalogue d’une vente de flacons appartenant audit Kurniawan, il tombe sur des cuvées du domaine Ponsot qui n’existent tout simplement pas. Enfin, il y a celle de Bill Koch, collectionneur milliardaire, que Kurniawan -encore lui- a pu arnaquer avec ses faux “grands vins”, créés dans sa cave en mélangeant des “petits vins”, pariant sur l’avidité des responsables d’enchères et sur la crédulité des acheteurs. Ces trois façons d’aimer le vin permettent aussi de créer une improbable histoire de faussaire traqué par deux enquêteurs amateurs en colère, puis d’en faire un documentaire en forme d’improbable thriller.





































