

La guerre Ă Gaza nâaura pas eu raison de la saison touristique dâEilat, la station balnĂ©aire situĂ©e Ă lâextrĂȘme sud dâIsraĂ«l. Ses immenses hĂŽtels, dont les façades blanches toisent les flots bleus de la mer Rouge, ont affichĂ© complet tout lâĂ©tĂ©. En cette fin aoĂ»t, plages, restaurants, bars et boĂźtes de nuit grouillent dâune foule hĂ©tĂ©roclite. Le matin appartient aux retraitĂ©s, le zĂ©nith aux familles, le crĂ©puscule aux jeunes noctambules. La mĂ©lodie de lâhĂ©breu domine sous les palmiers du front de mer. Lâattaque terroriste du 7-Octobre et les reprĂ©sailles dâIsraĂ«l, qui se succĂšdent depuis un an, ont vidĂ© le Proche-Orient de ses touristes. Heureusement pour Eilat, elles ont aussi clouĂ© au sol beaucoup de vacanciers israĂ©liens. âLâĂ©tranger est devenu trop dangereux pour les Juifs Ă cause de la recrudescence de lâantisĂ©mitisme, estime David, un ingĂ©nieur venu de Tel-Aviv avec sa femme et ses deux enfants. Nous avons donc choisi de passer lâĂ©tĂ© en IsraĂ«l.â Vue de leurs chaises longues lĂ©chĂ©es par les vaguelettes, la guerre Ă Gaza semble bien Ă©loignĂ©e. Le dĂ©luge de violence est pourtant dans toutes les tĂȘtes. Le long de la plage, des grappes de vingtenaires bronzent dâun air soucieux. La plupart sont des soldats en permission, tout juste revenus de Gaza. âLes combats sont trĂšs impressionnants, nous sommes loin dâen avoir fini avec le Hamas. LâarmĂ©e restera lĂ -bas encore des mois, voire des annĂ©esâ, pronostique Itamar, 21 ans, membre de la brigade dâinfanterie Golani. Avec trois membres de son unitĂ©, le jeune homme dĂ©compresse Ă lâaide dâune bouteille de vodka et de quelques grammes de âdoktorâ, un mĂ©lange de kĂ©tamine et dâhĂ©roĂŻne.











