

Quand Holly Vaughan* cherche Ă mettre un doigt sur lâapogĂ©e de son anxiĂ©tĂ©, elle nâhĂ©site pas une seconde. Elle tape un mot â âdepressedâ â dans ses conversations WhatsApp. âJâai mĂȘme peur de penser Ă comment ça pourrait sâamĂ©liorer, Ă©crivait-elle Ă son mari en automne 2018. Je ne me lĂšve que parce que je dois mâoccuper des enfants et que je ne suis pas assez dĂ©pressive pour les laisser mourir. Quand ils seront plus grands, je nâaurai plus aucune raison de me lever.â Dans les messages suivants, Vaughan se sent coupable dâinonder lâhomme quâelle aime de torrents de tristesse: elle ne pense pas avoir la force de rĂ©cupĂ©rer ses petits Ă lâĂ©cole ; elle a âlâimpression de crier dans une cageâ ; elle âpense au suicide tous les jours et tout le monde sâen foutâ. La trentaine fatiguĂ©e, Holly Vaughan a grandi Ă Walton-on-Thames, une de ces âcommuter townsâ en bord de Tamise, Ă lâouest de Londres. Elle a toujours souffert dâune âanxiĂ©tĂ© socialeâ, qui sâest doublĂ©e aprĂšs la naissance de son deuxiĂšme enfant dâune âlĂ©gĂšre dĂ©pressionâ. Aujourdâhui, Holly a quatre gamins et connaĂźt toute la liste des antidĂ©presseurs et de leurs effets secondaires, notamment ce sentiment dâengourdissement quâils causent souvent. âJe ne voulais pas masquer mes sentiments, explique-t-elle. Et puis, un jour, je me suis souvenue des champignons.â














