Vies et morts de Sébastien Tellier | Society
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Vies et morts de Sébastien Tellier

Jusqu'ici, SĂ©bastien Tellier Ă©tait un chanteur qui changeait de vie Ă  chaque album. Mais depuis l'annĂ©e derniĂšre, c'est la mort qui semble planer autour de lui. Karl Lagerfeld, Philippe Zdar, Christophe, Tony Allen. À l'heure oĂč le monde traverse une pĂ©riode sombre, il fallait bien suivre l'homme Ă  la trace pendant quelques mois pour comprendre comment continuer Ă  distinguer les Ăźles de beautĂ© au milieu d'un ocĂ©an de laideur.
  • Par Thomas Pitrel
  • 28 min.
  • Portrait
Un homme avec une barbe grise et des cheveux longs porte un chapeau noir orné d'un ruban rouge brillant et des lunettes de soleil. Il est habillé d'une veste texturée sombre.
 Photos: Raphael Lugassy

Une barbe touffue, de grosses lunettes de soleil et une casquette brodĂ©e Ă  ses initiales lui cachent l’essentiel du visage, mais cela ne suffit pas. PlanquĂ© dans les loges de la GaĂźtĂ© Lyrique, SĂ©bastien Tellier se dĂ©capsule nerveusement une biĂšre et enfonce sa longue silhouette dans une chaise. “J’essaie de rĂ©ussir ma vie malgrĂ© ma timiditĂ©, mais lĂ  c’était trop pour moi, dit-il. C’est dĂ©jĂ  pas facile de se regarder dans une glace, alors se regarder avec 300 personnes qui vous regardent vous regarder, c’est impossible.” Quelques minutes plus tĂŽt, il faisait pourtant glisser ses Repetto blanches et sa veste bariolĂ©e sur la scĂšne de cet Ă©picentre culturel des trentenaires parisiens, et Ă©coutait les organisateurs du FAME (le festival international de films sur la musique) l’introduire comme un “dandy libertaire”. C’était le 13 fĂ©vrier dernier, dans le monde d’avant. Celui oĂč l’on faisait la queue les uns sur les autres pour pouvoir s’entasser dans des gradins. Celui oĂč un couple pouvait s’engueuler trĂšs fort, sans masque et sans penser aux gouttelettes, en attendant l’avant-premiĂšre d’un documentaire retraçant le parcours d’un musicien angoissĂ© et goguenard. À la rĂ©ception du lien pour visionner le premier montage du film, Tellier avait envoyĂ© un message Ă  son rĂ©alisateur, François Valenza: “Je me fais le joint du siĂšcle et je regarde ça.” Micro en main avant la premiĂšre projection publique, il livrait dĂ©sormais sa conclusion: “C’est marrant parce que je ne me voyais pas du tout comme ça. Je pensais me la jouer James Dean, en fait ça n’a rien Ă  voir.”

Society #132

Deux personnes portant des équipements de protection, y compris des masques et des gants, se tiennent dans une zone herbeuse et dense.
 Photos : Hugh Kinsella Cunningham

Le Fugitif d'Ebola

Alors que le 18 mai, la République démocratique du Congo annonçait 1 537 cas et 61 décÚs liés au Covid-19, elle s'inquiétait d'un autre drame potentiel : la résurgence du virus Ebola dans la région de Beni, au nord-est du pays. Dans cette zone en proie aux violences des milices armées, un malade a récemment échappé aux médecins, faisant craindre une contamination à grande échelle.
Une femme se tient devant un mur beige avec une plaque indiquant "Rue des Jeûneurs".
 Photos : Jean Jacques pour Society

“Est-ce qu'on a vraiment envie de revenir au restaurant ?”

HĂ©lĂšne Darroze pourra dire qu'elle a regardĂ© le Covid-19 dans les yeux. Celle qui a Ă©tĂ© Ă©lue “meilleure femme chef du monde” en 2015 a Ă©tĂ© contaminĂ©e par la maladie et ses restaurants sont menacĂ©s alors que des millions de personnes ont profitĂ© de leur confinement pour la suivre chaque mercredi dans l'Ă©mission Top Chef, dont la finale sera diffusĂ©e le 17 juin.

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