Ramzy & Ramzy | Society
Entretien

Ramzy & Ramzy

La vie avant Éric, la vie avec Éric, la vie sans Éric, le racisme, le bĂ©do, les excĂšs: quand Ramzy Bedia parle, ce n'est pas pour ne rien dire.
  • Par David Alexander Cassan, Thibault Le Besne et Victor Le Grand
  • 27 min.
  • Interview
Un homme se tient derriÚre un comptoir en marbre vert, entouré de décorations et d'étagÚres contenant des bouteilles et divers objets colorés. L'arriÚre-plan montre un décor intérieur avec des plantes et un mur orné.
 Photos: RaphaĂ«l Lugassy pour Society

Tu es Ă  l’affiche de Medellin, de Franck Gastambide. C’est la troisiĂšme fois que tu fais un film avec lui. C’est ton nouveau Éric Judor? Non, c’est quelqu’un d’autre. C’est le parrain de mon dernier fils, par exemple. C’est mon meilleur ami, on partage des trucs de famille. Et puis on s’est connus quand il Ă©tait dans la merde, quand il Ă©tait encore maĂźtre-chien. En fait, on prĂ©parait Les Dalton avec Éric, on avait besoin de Rantanplan. Ça arrive aux oreilles de Franck et je reçois un coup de fil: ‘Oui, allĂŽ, c’est Franck Gastambide, j’ai des animaux, j’ai entendu que vous cherchiez ça, j’ai votre Rantanplan parfait.’ Moi: ‘C’est super! Viens nous voir au bureau!’ Il vient avec un chien
 c’est un caniche! On rigole, et lui: ‘Écoutez, je l’ai pas, en vĂ©ritĂ©, mais je vais vous le trouver, j’ai fait ce coup de vice pour vous rencontrer.’ Il a ramenĂ© le chien, il est venu tourner avec nous en Espagne et on est devenus potes. 

Des annĂ©es auparavant, c’est au Comptoir des Halles, un bar de nuit, que tu avais rencontrĂ© Éric Judor. Une histoire de videur nommĂ© VĂ©nus, c’est ça? C’est ça, un grand renoi qui s’appelait VĂ©nus. C’était l’époque oĂč les Noirs et les Arabes ne rentraient dans aucune boĂźte, mais il y a donc ce bar aux Halles qui a l’air un peu plus dĂ©tendu sur la question –c’est un bar avec un DJ mais pour nous, c’est une boĂźte. Je viens avec des copains Ă  moi, dont des Noirs, et VĂ©nus les laisse rentrer. Il tique un peu avec moi mais je fais vanne sur vanne: ‘S’il te plaĂźt, on se fait virer de partout, pas toi, t’es un renoi.’ Il finit par me faire rentrer. Et je ne sais pas qu’en mĂȘme temps, il y a un mec que je ne connais pas –Éric– qui fait la mĂȘme chose Ă  ce renoi. VĂ©nus, plus tard, il nous dit: ‘Venez et parlez, vous deux.’ Ça paraĂźt bizarre, mais effectivement, une heure aprĂšs, j’étais allongĂ© par terre de rire. Mais ce n’est pas une expression: j’étais allongĂ© sur le trottoir Ă  dire: ‘ArrĂȘte, j’ai mal, arrĂȘte!’ On échange nos numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone, mais de la maison, parce qu’on vit tous les deux chez nos parents. Moi, j’ai 22 ans, et Éric 26.

Society #206

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