

Parlons de la genèse d’Au Boulot! Ça vous a surpris que Sarah Saldmann accepte le principe? Comme je suis un vrai politique, je ne vais pas répondre à ta question, parce que la genèse a commencé bien avant Sarah Saldmann. Avec Gilles Perret, on avait déjà parlé des Gilets jaunes avec J’veux du soleil, puis de la crise Covid avec Debout les femmes. Là, le truc fondateur, c’est le conflit sur les retraites. Moi, ce que j’entends quand je vais sur la zone industrielle d’Amiens et ailleurs, c’est pas seulement ‘les 64 ans, on n’en veut pas’, c’est aussi ‘ça ne va pas au boulot’. C’est ‘on aime notre métier, mais on n’aime pas comment on nous le fait faire’. Et je me demande comment on peut intervenir cinématographiquement là-dessus. Un film de François Ruffin et Gilles Perret sur le travail qui va mal, pffff, on a l’impression de l’avoir déjà vu d’avance, c’est triste. Donc on cherche un dispositif, et puis je me retrouve aux Grandes Gueules de RMC avec Sarah Saldmann, que je ne connais pas plus que ça, mais qui est très sûre d’elle. Je lui dis ‘ok, venez avec moi’ mais au fond, c’est comme un hameçon que je lance. Un appât que j’avais déjà lancé aux ministres parce que j’avais un principe, c’est que tous les ministres commencent par faire un stage. Le ministre de la Santé en stage à l’hôpital. Le ministre de l’Intérieur en stage au commissariat. Le ministre de la Justice en prison. Je lançais mes appâts mais personne ne mordait. Jusqu’à Sarah Saldmann.





























