

Jean-Michel Aulas montre des signes d’impatience. Il ne regarde plus son interlocuteur dans les yeux, fixe -sans les lire- les documents que ce dernier lui a donnés, les trifouille nerveusement dans ses mains et soupire dès qu’il en a l’occasion. Puis, n’en pouvant manifestement plus, il finit par couper la parole de l’homme qui se confie à lui depuis de longues minutes, le directeur général d’une compagnie de danse située dans IXe arrondissement de Lyon, où le candidat aux prochaines élections municipales est en balade ce matin du jeudi 12 février. Sans sommation, Jean-Michel Aulas se paye Anne Braibant, l’actuelle maire de l’arrondissement. Léger malaise. La conversation reprend. Aulas continue de hocher la tête de droite à gauche, chuchotant à la volée des petites phrases de dépit –“Mais c’est pas possible!”-visant ses opposants politiques, sans jamais donner l’impression de suivre la discussion, comme s’il jouait son propre match de son côté. Au moment de s’échanger les formules de politesse d’usage avant de partir, il est le dernier à se lever de table, continuant à critiquer encore et encore le maire écologiste sortant, Grégory Doucet, son bilan et ses équipes. À croire que c’est sa principale motivation dans cette aventure municipale. “Ma candidature est venue par défaut, si je puis dire, confirme-t-il quelques heures plus tard, à bord d’un taxi van. Passez deux heures avec moi dans Lyon, vous verrez dix voire cent personnes me dire: ‘Sauvez-nous, on n’en peut plus, on va mourir!’ ” Rien que ça? “Oui, parce que personne n’osait affronter une situation qui est en train de dégénérer. Je vois tellement de choses incohérentes et dénuées de bon sens que je ne peux pas ne pas envisager de faire mieux.”

















