Orel Pur San | Society
Entretien

Orel Pur San

Le troisiĂšme album d'Orelsan, La FĂȘte est finie, est sorti le mĂȘme jour que le dernier album de Michel Sardou. Et il n'y a pas vraiment eu match. Disque d'or en trois jours, disque de platine en une semaine, Orelsan est aujourd'hui, Ă  35 ans, le musicien français qui vend le plus. Alors, question: comment en arrive-t-on lĂ  quand on vient de Caen, que l'on a bossĂ© dans une dĂ©chetterie ou chez Quick et qu'en vrai, on voulait devenir moine Shaolin?
  • Par Franck Annese, Simon Capelli-Welter et Manon Michel
  • 30 min.
  • Interview
Un homme portant une casquette et une veste est en train de se faire contrÎler avec un détecteur de métaux.
 Photos: Frankie et Nikki pour Society

Ton album cartonne. Tu arrives Ă  comprendre ce qui touche les gens dans ce que tu fais? Alors, dĂ©jĂ , le succĂšs est beaucoup plus important que ce que j’imaginais. Genre deux fois plus, je pense. (Rires.) Et ce succĂšs s’est construit sur du long terme. Je crois que j’arrive enfin Ă  avoir une bonne cohĂ©rence entre ma musique, mes paroles et l’image globale du projet. Je deviens ‘lisible’: les gens arrivent Ă  identifier ce que je fais. C’est en mĂȘme temps singulier et assez simple pour qu’ils aient envie d’écouter. Par exemple, la chanson DĂ©faite de famille est la plus streamĂ©e de l’album, alors que pour moi elle Ă©tait complĂštement anecdotique. Je l’aimais suffisamment pour la mettre dans l’album, mais j’ai rĂ©alisĂ© que les gens la kiffaient parce que c’est de la musique actuelle –une instru trap, comme ils auraient pu entendre chez Young Thug–, et parce qu’il y a ce truc oĂč ils se retrouvent vraiment dans les textes: ils voient leur oncle, leur grand-pĂšre
 Les phrases sont suffisamment bien tournĂ©es pour que ça fasse marrer. C’est un comique d’observation qui fonctionne. Et puis, ceux qui me suivent depuis quelques annĂ©es me voient un peu comme un pote (rires), ils ont l’impression de suivre ma vie dans mes textes, un peu comme une sĂ©rie. AprĂšs, je comprends aussi ceux qui n’aiment pas.

Ils disent quoi, ceux qui n’aiment pas? Si t’es fan de rap des annĂ©es 1990, avec des grosses caisses claires, tu vas ĂȘtre déçu par ce disque. Et puis, c’est sĂ»r que si tu n’aimes pas les synthĂ©s, l’album est chiant.

Society #70

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