

Le 2 juin 1976, Ă Phoenix, Arizona, une Datsun 710 explose sur le parking dâun hĂŽtel. Ă son bord se trouve Don Bolles, un journaliste du quotidien The Arizona Republic spĂ©cialisĂ© dans les enquĂȘtes sur la corruption. Le reporter a fait le dĂ©placement aprĂšs lâappel dâune source qui promettait des informations sur une prĂ©tendue fraude fonciĂšre impliquant le crime organisĂ©. Mais la source nâest jamais venue. Don Bolles, en sang, Ă peine conscient, a juste le temps de comprendre quâil vient de tomber dans un piĂšge avant dâĂȘtre transportĂ© dâurgence Ă lâhĂŽpital. Il dĂ©cĂ©dera onze jours plus tard, aprĂšs avoir Ă©tĂ© amputĂ© des deux jambes et dâun bras. La rĂ©action de ses confrĂšres fera date dans le monde du journalisme. Une quarantaine de reporters venus des quatre coins de lâAmĂ©rique dĂ©cident en effet de se rendre en Arizona afin de poursuivre le travail de Bolles et dâexposer, en 23 articles publiĂ©s dans de nombreux titres de presse, les liens entre la pĂšgre, la politique et le monde des affaires dans cet Ă©tat du sud des Ătats-Unis. âThe Arizona Projectâ reste le tout premier exemple de journalisme collaboratif Ă grande Ă©chelle, et Ă ce titre lâun des prĂ©curseurs de Forbidden Stories. Depuis son bureau parisien, prĂšs de la place de la Bastille, Laurent Richard, le crĂ©ateur de lâorganisation, raconte cette folle histoire fondatrice avec une pointe de regret. âSi Don Bolles avait mis Ă lâabri ses investigations dans lâĂ©quivalent dâun SafeBox Network, lâenquĂȘte aurait Ă©tĂ© beaucoup plus prĂ©cise, puissante, impactanteâŠâ
































