

Puis, le 11 juillet 2013, dans la soirée, Julie s’est mise à rouler. Seule, au volant de sa Renault 21 Nevada, elle a quitté Auxerre, où elle vit, avec l’ambition de traverser la France. À sa mère, Béatrice, que tout le monde surnomme “Betty”, elle n’a pas donné beaucoup d’indications sur son programme. Cette dernière sait à peine que sa fille a un temps envisagé de faire étape dans la ville de Toulouse, chez son amie Margerie, avant d’y renoncer, et qu’elle vise le Pays basque comme destination finale. Un coin qui l’a toujours intéressée, et à propos duquel elle s’est déjà ouvertement interrogée: pourquoi ne pas y vivre plus tard? Dans la nuit, à 3h28, Julie envoie un message à Betty pour la rassurer: “Je ne suis pas arrivée mais je me repose, ne t’inquiète pas Ta représentation s’est bien passée? Bisous je t’aime.”* Sa mère lui répond au réveil, à 9h49: “Prends ton temps ma chérie t’es où? […] Sois prudente mon cœur & passes de très bonnes vacances. Bisous d’amour.” Deux jours plus tard, le 13 juillet, toujours au milieu de la nuit, Julie lui indique à nouveau par SMS qu’elle arrive vers Bordeaux, que tout va bien, même si le Tour de France, qui passe dans cette partie du pays au même moment, a perturbé son itinéraire. À Lacanau, elle retrouve Pierre-Vincent, son petit ami du moment – une affaire pas très sérieuse–, et deux de ses copains. Les trois jours suivants, les quatre jeunes prennent du bon temps, flânent entre la ville, l’océan et le camping. Ils jouent à la pétanque, mangent des pizzas, boivent des mojitos. Comme l’eau frémit avant de bouillir, les derniers instants d’une vie sur le point de chavirer.
Épisode suivant : Julie Michel a disparu (2/3)














