

On se retrouve dans cette espèce de bulle qu’est le wagon, et il y a un accord tacite: on va passer ce temps ensemble. Assez rapidement, quand quelqu’un commence à être relou, on va se regarder et se mettre d’accord sur le fait qu’on a localisé la personne relou et trouver un peu de réconfort auprès des gens alentour. Il y a un truc de ‘communauté’ que j’aime bien. Un moment que je chéris particulièrement, c’est quand quelqu’un me demande de surveiller ses affaires pendant qu’il va aux toilettes. J’ai l’impression qu’il y a un lien humain qui se crée automatiquement, et je me sens honorée d’être la personne qui a été déterminée comme étant de confiance. ‘Pardon, excusez-moi, est-ce que vous pouvez me faire l’honneur d’être la personne à qui je vais confier toute mon existence qui se trouve dans ce sac à main?’ Je ne sais pas si tout le monde se rend compte à quel point ça me tient à cœur… Et alors après, il y a une passion collatérale, c’est la bouffe des trains – qui n’inclut pas le café. Par exemple, le croque-monsieur, avec la béchamel SNCF. J’adore quand il est un peu gratiné. Il est extrêmement mou, pas croustillant du tout et la béchamel est très intense sans avoir trop de goût, mais il y a quelque chose de réconfortant. Ce n’est pas menaçant, quoi. Je me rends compte que ça fait un peu bourgeois de dire qu’on aime la bouffe de la SNCF, parce que c’est cher, mais bon, le croque-monsieur mou, j’assume.”













