

Le 30 janvier dernier, après une première salve de publications comportant surtout des journaux de vol de jets privés et des listes de pièces à conviction saisies, 3,5 millions de nouveaux documents concernant Jeffrey Epstein ont été largués sur Internet, tel un gros paquet mal ficelé et quasiment en vrac, par le département de la Justice américain. Le DOJ, comme on l’appelle outre-Atlantique, exécute ainsi l’Epstein Files Transparency Act, loi fédérale adoptée en novembre 2025 sous la pression populaire, qui l’oblige à publier les entrailles de cette affaire tentaculaire… mais pas d’y mettre de la bonne volonté. Et la “Epstein Library” en témoigne: des pages de photos sans date ni légende, des e-mails dont certains passages sont noircis, des notes du FBI ou documents juridiques non contextualisés. Si le volume de documents est inférieur à celui des Panama et Paradise Papers (respectivement 11,5 et 13,5 millions de fichiers publiés en 2016 et 2017), ce bazar a déclenché en quelques jours une frénésie de fouilles, comme une ruée vers l’or. Au New York Times, 24 journalistes travaillent à déchiffrer les Epstein Files ; “ils n’en sont qu’à 2 ou 3% de la masse de documents”, assurait après deux semaines un article du journal.

















