Le bruit des bombes | Society
Témoignages

Le bruit des bombes

C'est l'histoire d'un match de football amical qui devait être anodin, mais qui a été choisi par les terroristes comme déclencheur de la série d'attentats du 13-Novembre. Tous ceux qui étaient au Stade de France –joueurs, supporters, staff, techniciens et politiques– se rappellent, minute par minute, cette nuit tragique.
  • Par Ronan Boscher et Vincent Riou, avec Julien Duez
  • 25 min.
  • Témoignages
Illustration pour Le bruit des bombes
PARIS, FRANCE - NOVEMBER 13: Spectators wait on the pitch during the International Friendly games between France and Germany at Stade de France on November 13, 2015 in Paris, France. Fans were allowed on the field following an explosion outside the Stadium and attacks across Paris claiming the lives of 137 people. (Photo by Xavier Laine/Getty Images)

PUBLIÉ DANS SO FOOT #161, NOVEMBRE 2018

Intervenants

Fabien Bonnel | capo du groupe de supporters Irrésistibles Français
Frédéric Calenge | journaliste pour TF1, sur le bord de la pelouse
Ilkay Gündogan | international allemand, entré à la 61e minute
François Hollande | président de la République, en tribune officielle
Stéphane Le Foll | ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement, en tribune officielle
David Paillet | ingénieur du son pour TF1, dans le car régie
Bacary Sagna | international français, qui a disputé toute la rencontre
Moussa Sissoko | international français, sur le banc de touche
Philippe Tournon | chef de presse des Bleus, sur le banc de touche
Jean-Charles Vankerkoven | réalisateur du match pour TF1, dans le car régie

L’avant-match

François Hollande: Même si un France-Allemagne est un match référence, j’ai décidé d’assister à la rencontre au dernier moment, quand le ministre des Affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, m’a confirmé sa présence.

Fabien Bonnel: Ces matchs de novembre sont des amicaux, sous une météo pas toujours clémente. Mais là, on allait enchaîner deux belles affiches: les champions du monde en titre, puis l’Angleterre à Wembley, des rivaux historiques. Le Stade de France était quasi plein.

Ilkay Gündogan: Le 13 novembre, à midi, on a subi une alerte à la bombe dans notre hôtel. La police parisienne, professionnelle, a agi relativement vite et nous a évacués sur le site de Roland-Garros. Mis à part ça, rien ne distinguait l’avant-match d’une autre rencontre amicale.

François Hollande: Il n’y avait pas moins, pas plus de menaces que ce que nous avions connu depuis l’attentat de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Le niveau de vigilance était élevé, mais ce match ne faisait pas l’objet de mesures particulières. Je suis arrivé au stade un quart d’heure avant le coup d’envoi, comme d’habitude. L’ambiance était bonne.

Jean-Charles Vankerkoven: Au Stade de France, il y a des emplacements pour les cars régie en dessous des tribunes. On était donc dans le stade, au niveau du terrain. Sinon, dispositif assez classique: entre 16 et 18 caméras, aucune sur l’extérieur.

David Paillet: On a une vingtaine de micros disposés autour du terrain. S’il y a un fort bruit ou un impact inhabituel, ça monte direct dans le rouge. Mais ça peut aussi bien être un cri de supporter, une bombe agricole ou un pétard.

13 novembre 2015

Society Hors Série #23

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