

Christophe | agent de la BAC en Seine-Saint-Denis
âVendredi soir, je suis au Stade de France. Je patrouille dans les rues avoisinantes, pour les petits larcins. Jâarrive sur les lieux juste aprĂšs la premiĂšre explosion, jâentends la deuxiĂšme et la troisiĂšme. Je suis aussi un mari, un pĂšre, je me dis: âMerde, y a des gens qui ont emmenĂ© leurs enfants au stade.ââ
Patrick | agent dâune compagnie de sĂ©curisation et dâintervention (CSI)
âAvec deux collĂšgues, on part sur la premiĂšre fusillade, rue Bichat, dans lâoptique dâaller renforcer les collĂšgues qui demandent de lâaide, et on arrive par hasard Ă lâangle de la rue de Charonne et de la rue Faidherbe. Les gens nous font signe. On descend sans vraiment savoir ce qui se passe. On est les premiers sur place. Pendant quelques minutes, on est tout seuls, on doit gĂ©rer la foule, les gens qui sont blessĂ©s, les morts au sol. Les gens pensent quâon est le Messie, quâon va faire revenir les morts. Mais Ă trois, on nâest pas grand-chose, on ne peut rien faire, alors on reste entre nous et on essaie de comprendre. Sur le moment, on pense que les terroristes sont encore lĂ , on nous dit quâils se planquent dans un immeuble. Il faut sĂ©curiser la zone, puis les alentours. On pense Ă appeler les secours, demander du renfort. Le grand sentiment, câest lâimpuissance, et la culpabilitĂ©, parce que si on Ă©tait arrivĂ©s avant, ils auraient tirĂ© sur nous et pas sur eux.â
Benjamin | agent de la BAC dans le Val-de-Marne
âJe fais partie des premiers effectifs Ă aller aux portes de Paris. JâĂ©tais en service, comme en janvier dernier. JâĂ©coute les copains sur les ondes en live, ils annoncent ce quâils voient. Ils parlent des cadavres. On est porte de Vincennes, on se regarde avec les collĂšgues, on veut se rapprocher du Bataclan, mais avec nos 9mm standards, sans pistolet mitrailleur, sans fusil long, on ne pourra pas riposter. On ne veut pas faire les cow-boys, on reste lĂ .â












