

Pour une fois, il nâest pas le hĂ©ros de la soirĂ©e. Du moins, pas initialement. Ce 13 juin 2015, la discothĂšque VIP Room, rue de Rivoli, se pare dâun rose criard, la couleur du Stade Français, le club de rugby de la capitale, qui vient de remporter le soir mĂȘme le titre de champion de France. Des danseurs aux oreilles en chou-fleur cĂ©lĂšbrent la victoire dans une ambiance de vestiaire. Ils posent assis, le bouclier de Brennus sur les genoux, dans des fauteuils au velours cerclĂ© de dorure. Au petit matin, certains finiront en slip dans les fontaines de lâhĂŽtel de ville. Mais pour lâheure, les champions de France sont encore habillĂ©s et la fĂȘte bat son plein. âUne Ă©quipe de rugby, ça sait arroser une victoireâ, siffle, admiratif, Jean-François Martins, adjoint aux sports Ă la mairie de Paris et prĂ©sent ce soir-lĂ sur la liste des invitĂ©s. Soudain, vers 3h, un murmure sâempare de la boĂźte. âLes gens disent: â Jordan est lĂ â â, rejoue Martins avec la mĂȘme excitation. Michael Jordan, crĂąne lisse, chemise noire et pantalon gris, entre dans le club. Au bras de son Ă©pouse, il pose pour la photo de rigueur avec le propriĂ©taire des lieux, Jean-Roch, dont la dentition Ă la blancheur suspecte rĂ©verbĂšre les flashs des photographes. Puis Jordan prend place au milieu du carrĂ© VIP et, dâun coup, Ă©clipse les golgoths de lâovalie. âMJâ danse un cigare aux lĂšvres et embrume la soirĂ©e de ses volutes entĂȘtantes sans que personne nây trouve rien Ă redire. âCâest pas vraiment le genre de mec Ă qui on sort: âDĂ©solĂ©, la boĂźte est non-fumeur, monsieurââ, se marre lâun des convives prĂ©sents ce soir-lĂ . Lâancien arriĂšre des Chicago Bulls passe la soirĂ©e Ă tirer sur son barreau de chaise, sous les yeux de videurs passifs. Ă Paris, ce 13 juin 2015, Michael Jordan fait comme chez lui.


