

âParkland, câest environ 30 000 personnes. Il y a un lycĂ©e, une Ă©cole primaire, deux maternelles et donc beaucoup de familles. Autrement dit, il ne se passe jamais rien iciâ, accueille Matt Deitsch, tandis quâautour de lui, au Starbucks, des jeunes filles en tenue de sport croisent des jeunes mamans et tapotent du pied au rythme de Despacito. Dehors sâĂ©tale le dĂ©cor le plus amĂ©ricain que lâon puisse imaginer: des palmiers et des parkings, des allĂ©es rĂ©sidentielles et des SUV, des files de maisons identiques pourvues de piscines sous vĂ©randa identiques. Une fois le soleil couchĂ©, on nâentend plus, Ă Parkland, que les Ă©cureuils bruns qui sautillent de branche en branche. Câest en partie pour ça que Matt Deitsch avait quittĂ© cette anonyme ville de Floride pour sâinscrire Ă la fac Ă lâautre bout du pays, en Californie. Et câest pour cette raison aussi que Jaclyn Corin a longtemps eu lâhabitude de se coucher Ă 20h, une fois son cours de danse terminĂ© et ses devoirs achevĂ©s. Matt Ă©tait finalement revenu Ă Parkland, sans avoir validĂ© son diplĂŽme. Il venait de se lancer dans la crĂ©ation dâune marque de t-shirts destinĂ©e Ă aider le financement de microcrĂ©dits dans les pays pauvres. Ă 17 ans, Jaclyn, elle, continuait dâĂ©tudier sĂ©rieusement et de se coucher Ă 20h, avec lâespoir dâĂȘtre admise en Ă©cole dâinfirmiĂšre lâannĂ©e suivante.
Puis ce mercredi 14 février 2018, il fut 14h à Parkland.









