

Il est 6h20 ce 31 janvier 2022 quand Sarah Saldmann prend la parole sur France Info. Dans quelques semaines, annonce l’avocate alors âgée de 30 ans, elle déposera une plainte collective contre Orpea, accusé de maltraitance dans les Ehpad: “Je suis entourée de clients très déterminés et pour certains, c’est le combat de leur vie.” Une fois sortie du studio, son téléphone se met à sonner, sans arrêt. “Une explosion!” se souvient-elle aujourd’hui, presque un an plus tard. La jeune femme commence à faire le tour des plateaux télé. Au bout du troisième jour, son assistante lui présente un tableau Excel avec tous les appels. Résultat: les plaintes des familles contre Orpea pleuvent, “plusieurs centaines par jour”. Déposée début avril, cette action en justice regroupant 80 dossiers, à la façon des class actions américaines, est à nouveau savamment mise en scène via Le Parisien et BFM-TV. La photo de l’avocate en robe noire, 80 dossiers jaunes dans les bras, fait le tour de la presse. Une nouvelle star du barreau est née. Mais dans la profession, cette ascension fulgurante interroge. Car à l’époque, personne ou presque ne connaît Sarah Saldmann.


