

âQuand est venue lâheure H et quâil a fallu dĂ©cider qui jouerait le rĂŽle, Matt Damon mâa rappelĂ©, raconte Sean Penn en gigotant sur son fauteuil. Pas pour accepter ou dĂ©cliner, mais pour me dire: âTâes con ou quoi? Il faut que tu fasses ce putain de film avec ta fille!â Ăa a achevĂ© de me convaincre.â Câest dans un salon du chatoyant hĂŽtel Martinez, Ă Cannes, que Sean Penn fait cet Ă©tĂ© la promotion de son dernier film, Flag Day. Dans quelques heures, il le projettera pour la premiĂšre fois aux robes de soirĂ©e et nĆuds papillon du festival. Pour justifier son choix de jouer dans un film quâil rĂ©alise -une premiĂšre en six longs-mĂ©trages derriĂšre la camĂ©raâ, Penn rĂ©pond en vieil habituĂ© de Hollywood avec une pincĂ©e de name dropping et une louche de vulgaritĂ©, pour faire vrai. Les questions diffĂšrent peut-ĂȘtre, les rĂ©ponses moins, et lâacteur-rĂ©alisateur racontera les mĂȘmes anecdotes des dizaines de fois durant les quelques mois dâexposition mĂ©diatique du film. Pourquoi avoir choisi sa fille pour le premier rĂŽle? âJâai commencĂ© Ă voir le visage de Dylan en lisant le scĂ©nario et je ne pouvais plus mâenlever cette image de la tĂȘteâ, dit-il dâun air pĂ©nĂ©trĂ©, en passant une main sur son visage. Sa fille Dylan est assise Ă quelques mĂštres de lui et apprend Ă rĂ©pondre aux questions avec le mĂȘme professionnalisme que papa.









