De l’Irak au Capitole | Society
Portrait

De l'Irak au Capitole

Dans la foulée des attentats du 11-Septembre, Gabriel Garcias'était engagé dans l'armée américaine, avant de partir combattre en Irak. Et puis, en partie à cause des séquelles de la guerre, il a été séduit par le discours de Donald Trump, jusqu'à faire partie de la foule qui a envahi le Capitole le 6 janvier dernier. Un parcours qu'ont emprunté de nombreux autres vétérans, et qu'il détaille ici.
  • Par GrĂ©goire Belhoste
  • 15 min.
  • Portrait
Illustration pour De l’Irak au Capitole
 Photo: Zak Bennett pour Society

Si la salle dans laquelle Gabriel Garcia patiente en cet aprĂšs-midi d’étĂ© disposait d’une fenĂȘtre, celle-ci donnerait sur un paysage de palmiers et de drapeaux amĂ©ricains. Le thermomĂštre gĂ©ant plantĂ© Ă  cĂŽtĂ© de la plage de Miami indique 35°C et des plaisanciers au torse luisant glissent en rollers le long des bĂątiments Art dĂ©co qui bordent la cĂŽte. À l’intĂ©rieur, l’atmosphĂšre est moins dĂ©tendue. Assis dans les bureaux de son avocat, Ă  Coral Gables, l’une des villes du comtĂ© de Miami-Dade, Gabriel Garcia, 40 ans, se tient le buste droit et la mine concentrĂ©e. Il porte sur le dos un t-shirt de la marque “patriotique” Grunt Style LLC, fondĂ©e par un vĂ©tĂ©ran californien. Les couleurs du drapeau des États-Unis apparaissent au milieu d’un symbole Superman, tandis que deux fusils s’entrecroisent sur les manches. Aux cĂŽtĂ©s de Garcia se tiennent une juriste et un homme muni d’une camĂ©ra, dont le rĂŽle est d’enregistrer chacune de ses rĂ©ponses. Gabriel Garcia ne fait nullement confiance aux mĂ©dias, comme il l’a prĂ©cisĂ© quelques semaines plus tĂŽt, dans les mĂȘmes bureaux, aux reporters du journal local, le Miami Herald. Trois mois auparavant, des journalistes d’une chaĂźne de tĂ©lĂ© floridienne Ă©taient venus frapper Ă  sa porte, dans l’espoir d’obtenir une interview. Ils n’avaient trouvĂ© Ă  son domicile qu’un mot explicite: “Aucun commentaire. Merci de respecter la vie privĂ©e.” Qui dit mĂ©fiance dit aussi Ă©conomie de salive et rĂ©ponses parfois expĂ©ditives. Lorsqu’on l’interroge, le Floridien aime rĂ©pĂ©ter le mot “correct”, tel un soldat au rapport. Sa famille vient-elle de Cuba? “Correct.” A-t-il servi au sein de l’armĂ©e amĂ©ricaine durant prĂšs de quinze ans? “Correct.” S’est-il rendu en Irak? “Correct.”

11 septembre 2001 - Le jour qui a changé le monde

Illustration pour Jack et le leak géant
 

Jack et le leak géant

Plusieurs centaines de pages provenant de documents confidentiels de l'armĂ©e amĂ©ricaine publiĂ©es en ligne, telle est la nouvelle affaire de fuites qui embarrasse le Pentagone depuis quelques semaines. Malaise supplĂ©mentaire: le profil du “fuiteur”, Jack Teixeira. À des annĂ©es-lumiĂšre des lanceurs d'alerte politisĂ©s façon Edward Snowden ou Chelsea Manning, ce militaire de bas Ă©tage semblait surtout vouloir impressionner ses potes. Il risque dĂ©sormais quinze ans de prison.

Society #164

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