

Un tourbillon de rouge et de cuivre parade dans les rues de Durham, petite ville habituellement peuplĂ©e de 50 000 ùmes: le rouge est la couleur dominante des banniĂšres qui reprĂ©sentent les mineurs dâantan comme des superhĂ©ros ; le cuivre, celle des centaines dâinstruments qui jouent tour Ă tour un standard dâOasis, lâhymne des supporters de Liverpool ou New York, New York de Frank Sinatra. âAvant, chaque mine avait sa propre fanfare, raconte Kevin, un sexagĂ©naire Ă cravate rayĂ©e. Dans ma famille, on a Ă©tĂ© mineurs pendant cinq gĂ©nĂ©rations. Ma petite-fille, elle, est musicienne. Elle joue de ça, dit-il en montrant des cymbales quâil tient comme un petit singe. Mais elle est Ă Ibiza, alors je la remplace. Elle mâa dit quâelle ne sây amusait pas du tout et quâelle aurait prĂ©fĂ©rĂ© ĂȘtre ici!â Autour du grand-pĂšre sâĂ©tend une foule de 200 000 personnes, unies dans la cĂ©lĂ©bration des valeurs tricotĂ©es sur les flamboyantes banniĂšres: communautĂ©, dignitĂ©, paix, libertĂ©. Dans les artĂšres bouchĂ©es de cette citĂ© millĂ©naire, oĂč des gouttes de sauce barbecue dĂ©goulinent de sandwichs au bacon, valse un monde alternatif oĂč tout le monde semble ĂȘtre de gauche.















