

âSâil devait y avoir un dernier repas sur mon lit de mort, ce serait une soupe de nouilles. Quand je drague une nana et que je veux lâinviter quelque part, câest une soupe de nouilles. Quand jâai un coup de blues, câest une soupe de nouilles. Parfois, je nâai mĂȘme pas faim et jâai hĂąte dâavoir faim pour en manger. Jâai la chance de vivre Ă Paris, qui est une ville trĂšs cosmopolite, oĂč il y a diffĂ©rents quartiers: japonais, corĂ©en, vietnamien, cambodgien, chinois⊠Et chaque quartier, chaque communautĂ©, propose sa propre soupe. AprĂšs, si je devais choisir celle quâil y aurait sur mon lit de mort, justement, ce serait celle de chez Higuma â je crois que câest le plus ancien restaurant de ramens de Paris. Jâai fait le calcul: il y a des annĂ©es oĂč jây allais trois fois par semaine, et ça fait plus de 30 ans que je le frĂ©quente, donc je pense y avoir Ă©tĂ© plus de 1 500 fois. Ce nâest pas que les nouilles, câest aussi le lieu. Câest une cantine, il y a des nĂ©ons, il nây a aucun chichi ; le prix quâon paye, câest vraiment le prix de la nourriture. Ils font leurs propres nouilles et il y a une espĂšce de trĂšs grand bouillon qui doit faire plus de 1 000 litres qui mijote en permanence, au moins 24 heures avant dâĂȘtre servi. Ăa reste un peu un mystĂšre. Pourquoi câest si bon? Quâest-ce quâil y a dedans? Câest assez mystique, pour moi. Et câest bien que ça reste comme ça.â










