Sous le capot | Society
Entretien

Sous le capot

JĂ©rĂ©my Ferrari est, Ă  bientĂŽt 40 ans, un candidat crĂ©dible au trĂŽne du “roi de l’humour français”. Parmi les rares Ă  ĂȘtre capables de remplir Bercy sur leur nom, producteur Ă  succĂšs, actuellement en tournĂ©e triomphale avec Baptiste Lecaplain et Arnaud Tsamere, c’est pourtant peu dire qu’il revient de loin. De trĂšs loin? D’encore plus loin.
  • Par Victor le Grand - Photos: Renaud Bouchez
  • 19 min.
  • Interview
Illustration pour Sous le capot
 Photos : Renaud Bouchez pour Society

Dans AnesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale, ton dernier one-man-show, tu Ă©voques ton addiction Ă  l’alcool. Tu te souviens de ton premier verre? À 14 ans, pour le passage Ă  l’an 2000, je bois ma premiĂšre coupe de champagne avec ma famille. À la premiĂšre gorgĂ©e, je sens le truc qui descend dans mon corps et mon corps, justement, qui fait: ‘Oh, putain, la vache! Mais pourquoi vivre sans ça?’ TrĂšs vite et trĂšs jeune, j’ai su que j’étais alcoolique.

Donc trĂšs vite et trĂšs jeune, tu t’es mis Ă  beaucoup boire? Non, pendant des annĂ©es, j’ai rĂ©ussi Ă  maĂźtriser ma consommation en ne buvant que le vendredi ou le samedi -en revanche, quand je buvais, c’était n’importe quoi–, ou en n’ayant pas d’alcool chez moi, par exemple. Je savais que s’il y avait une bouteille de vin, j’allais boire une bouteille de vin ; si j’avais quatre bouteilles de vin, j’allais en boire quatre, etc. J’avais envie de boire tout le temps mais je me retenais. Quand je faisais des week-ends entre amis, je remarquais aussi qu’il y avait un truc qui changeait par rapport aux autres: je pouvais boire jusqu’à 5h, dormir trois heures, me lever et reboire tout de suite un whisky sans aucun problĂšme. Petit Ă  petit, l’alcool a grattĂ© du terrain, mais je me contrĂŽlais toujours. Jusqu’à ce que je me dise que je pouvais boire un petit verre tous les soirs. LĂ , terminado : je me suis mis Ă  boire trois bouteilles de vin tous les soirs. Puis j’ai commencĂ© Ă  boire le midi. Puis le matin, en mettant du whisky dans mon cafĂ©. À un moment donnĂ©, j’étais Ă  sept litres de vin par jour. Principalement du rosĂ©, avec beaucoup de glace. Sans compter les mĂ©dicaments: du Lexomil pour rĂ©ussir Ă  dormir le soir et de la cortisone le matin pour me booster.

Society #252

À lire aussi

L'intégrale du dossier Epstein

Commandez les deux numéros de Society sur notre boutique