Lâimage puise sa source dans la rĂ©volution mexicaine de 1910, quand Emiliano Zapata et Pancho Villa dĂ©cidĂšrent de garnir les rangs de leur infanterie de paysans sans compĂ©tences militaires reconnues, mais gratifiĂ©s illico de grades et dâinsignes pour rĂ©compenser leur engagement. âLâarmĂ©e mexicaineâ, câest par cette expression que le dĂ©putĂ© LFI AurĂ©lien Saintoul a qualifiĂ© le large contingent de fantassins sous la banniĂšre du groupe Canal+ venus rĂ©pondre, Ă la fin de lâhiver, aux questions de la commission dâenquĂȘte parlementaire (CEP) dont il est lâinitiateur et le rapporteur, celle portant sur âlâattribution, le contenu et le contrĂŽle des autorisations de services de tĂ©lĂ©vision Ă caractĂšre national sur la TNTâ.
 AFP / BERTRAND GUAYUn comparatif dans lequel Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal+, a décelé
âun manque de respect mutuel et dâimpartialitĂ© des travauxâ en introduction de son audition du 29 fĂ©vrier. Ce nâĂ©tait quâun avant-goĂ»t des divers Ă©changes dâamabilitĂ©s et du grand nâimporte quoi qui ont jalonnĂ© les entretiens de cette CEP jusquâĂ la fin du mois de mars. PĂȘle-mĂȘle: le clan insoumis qui reproche aux tĂȘtes dâaffiche de CNews le positionnement Ă©ditorial de leurs Ă©missions ; Pascal Praud qui rĂ©torque Ă ses inquisiteurs quâils sont les bienvenus mais que ce sont eux qui refusent ses invitations ; les dĂ©putĂ©s RN qui, par symĂ©trie, rĂ©clament que lâon cuisine les Ă©quipes de lâĂ©mission
Quotidien (TMC) sur leur manque de pluralisme ; Sébastien Chenu qui demande à Yann BarthÚs de dévoiler son salaire ; Cyril Hanouna qui
âattend le procĂšs de Louis Boyardâ et rappelle quâĂ
â16h30, câest lâheure du goĂ»terâ pour signifier quâil a suffisamment consacrĂ© de son temps aux gens qui lâont convoqué ; ou encore Vincent BollorĂ© qui raconte lâavortement de son ex-femme et va jusquâĂ invoquer un
âdroit du fĆtus Ă naĂźtreâ sans ĂȘtre repris par le dĂ©putĂ© macroniste Quentin Bataillon, le seul habilitĂ© Ă le faire, de par son statut de prĂ©sident. Lequel, enfin, ira mettre un point dâexclamation Ă ce cirque chez le plus grand clown de France. Le 2 avril dernier, Bataillon est en effet prĂ©sent sur le plateau de
Touche pas Ă mon poste! pour dĂ©briefer cette sĂ©quence politico-mĂ©diatique un peu folle de quatre semaines. Autrement dit, il donne le change Ă un animateur quâil a lui-mĂȘme convoquĂ© et entendu, alors que la commission dâenquĂȘte dont il a la responsabilitĂ© nâa pas encore livrĂ© son Ă©pilogue. Tout sourire et peu embarrassĂ© par la distance que requiert sa fonction, le dĂ©putĂ© de la Loire y recevra comme cadeau de bienvenue un t-shirt Ă message de la part de Baba (âCâest lâheure du goĂ»ter!â Ă©videmment) et y rhabillera ses confrĂšres de LFI ainsi que Yann BarthĂšs pour le printemps.