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Victoria Beckham

Business classe

C’était Ă©crit. RaillĂ©e pour ses piĂštres talents de chanteuse, moquĂ©e pour ses extravagances vestimentaires, cantonnĂ©e dans un rĂŽle de femme bafouĂ©e et de mĂšre de famille nombreuse, Victoria Beckham devait finir en desperate housewife sous TranxĂšne. Mais elle a refusĂ© ce rĂŽle-lĂ . En quelques annĂ©es, l’Anglaise a montĂ© une marque de mode qui cartonne. Elle a mĂȘme Ă©tĂ© Ă©lue entrepreneur de l’annĂ©e outre-Manche en 2014. La revanche est un plat qui se mange cold.
  • Par Marc BeaugĂ© et Christophe Gleizes
  • 13 min.
  • EnquĂȘte
Illustration pour Business classe
 Karwai Tang/WireImage

Le magasin est posĂ© lĂ , au numĂ©ro 36 de Dover Street, l’une des artĂšres les plus snobs de Londres. Une Porsche grise est garĂ©e juste devant, une Bentley est en approche. Sur la vitrine s’étale un bouquet de fleurs gĂ©ant, conçu par Andy Hillman, l’homme que les marques s’en vont chercher quand elles veulent donner Ă  leur devanture un air d’Ɠuvre d’art. Les portes s’ouvrent automatiquement sur un immense espace en bĂ©ton. À l’intĂ©rieur de la boutique, une nouvelle fleur, en silicone, court le long d’un grand escalier. Suspendus Ă  des racks, le long de murs gris, des vĂȘtements hors de prix –compter 800 euros pour certains t-shirts– sont protĂ©gĂ©s par des vendeurs habillĂ©s de noir et blanc, mains dans le dos, sourire figĂ©, cheveux laquĂ©s. On appelle ça la mode.

Ici, dans le tout premier magasin de la marque qui porte son nom, inaugurĂ© en septembre 2014, Victoria Beckham a tout pensĂ© elle-mĂȘme. “C’est elle qui a pris chaque dĂ©cision, raconte un collaborateur, impliquĂ© dans l’amĂ©nagement de la boutique. Si les tapis sont gris dans la cabine d’essayage, c’est parce qu’elle trouve que c’est la couleur qui met le plus en valeur quand on essaie une fringue. Si les cintres sont rigides et ne tournent pas sur eux-mĂȘmes, c’est parce qu’elle trouve que c’est plus chic comme ça. Et ainsi de suite.” Pendant les longs mois de travaux, supervisĂ©s par l’architecte Farshid Moussavi, Victoria est passĂ©e chaque semaine sur le chantier. Souvent le jeudi. En fin de journĂ©e. Au moment de regagner la maison familiale de Holland Park, situĂ©e Ă  vingt minutes de voiture. “Les ouvriers Ă©taient surpris de la voir dĂ©barquer les premiĂšres fois, et puis c’est devenu la routine. À chaque fois qu’elle devait mettre un casque pour aller visiter le chantier, elle faisait la mĂȘme blague. Elle disait: ‘Oh non, je viens juste de faire mon brushing!’ Et tout le monde rigolait, surtout elle.”

Elle peut se le permettre. Son magasin, plantĂ© juste en face du temple de la mode Dover Street Market, raconte son ascension dans le milieu. Les chiffres complĂštent le tableau. Cinq ans seulement aprĂšs la crĂ©ation de la marque, son chiffre d’affaires annuel atteint les 50 millions d’euros et son nombre de salariĂ©s dĂ©passe allĂ©grement la centaine. En pourcentage, c’est plus vertigineux encore. Les ventes de la marque ont progressĂ© de 2 900% ces trois derniĂšres annĂ©es. Les effectifs de 3 233%. Fin 2014, ces rĂ©sultats ont mĂȘme valu Ă  Victoria Beckham d’ĂȘtre Ă©lue “entrepreneur de l’annĂ©e” en Angleterre par le trĂšs sĂ©rieux magazine Management. Juste devant Amit et Meeta Patel, patrons d’un Ă©norme laboratoire pharmaceutique. Mais la vraie reconnaissance est ailleurs. À chacun de ses dĂ©filĂ©s, dĂ©sormais, Anna Wintour, la patronne du Vogue US, celle qui n’aime jamais rien, s’assoit à cĂŽtĂ© de David –et des gosses, quand ils n’ont pas Ă©cole. Et elle sourit. Aussi incroyable que cela puisse paraĂźtre.

Entre gros son hip-hop et lunettes de mouche

Victoria, pourtant, partait de loin. “Pendant des annĂ©es, disait-elle l’an dernier au Guardian, j’ai Ă©tĂ© l’objet de moqueries
 Je sais qu’on rigolait de moi.” De quoi rigolait-on au juste? De son manque criant de classe, de son corps squelettique, de ses seins refaits pointant sous des t-shirts trop moulants et des aventures extra-conjugales supposĂ©es de son mari footballeur, David. On rigolait surtout de ses “talents” de chanteuse. “J’ai toujours Ă©tĂ© dĂ©moralisĂ©e d’entendre dire que j’étais la plus inutile, la seule Spice Girl Ă  avoir moins de talent qu’une noix de coco”, Ă©crivait-elle dans son autobiographie en 2001. Quand les Spice Girls ont cessĂ© d’émettre, Victoria a tentĂ© de convaincre en solo. En 2001 toujours, est donc sorti son premier album. Le premier single a marchĂ©. Pas le suivant. L’album s’est avĂ©rĂ© un Ă©chec. “C’est vrai que tout le monde a Ă©tĂ© déçu par les ventes, confirme le producteur Steve Kipner, qui l’aida Ă  composer trois titres. Mais le label avait des problĂšmes, il n’a pas tout fait Ă  l’époque pour attirer l’attention des radios
” Victoria s’est entĂȘtĂ©e. Elle a signĂ© un contrat avec le label Telstar Records. Elle s’est attachĂ© les services du producteur Damon Dash pour se trouver un nouveau son. Plus hip-hop. Puis elle s’est enfermĂ©e en studio pendant des mois. Mais, entre embrouilles et vocalises imparfaites, l’album ne sortira jamais. Damon Dash conclura mĂȘme l’épisode dans un claquement de porte: “Si j’avais rĂ©ussi à rendre cette nana hot, j’aurais pu rendre n’importe quelle nana hot.”

Je ne sais pas qui est cette personne.
 
Illustration pour Spice Girls Photo Shoot in Bali – April 29, 1997
 
Une femme en robe noire avec un motif floral tient un petit chien blanc et gris dans ses bras. Elle fait un signe de paix avec sa main droite.
 
Une personne debout portant une jupe en cuir noir et un haut noir, tenant un livre.
 

À l’époque, l’ancienne popstar dĂ©prime un peu: “Les gens continuent de dire que je suis une incapable et ça me frustre, Ă©crit-elle alors. Je ne veux pas la notoriĂ©tĂ© pour la notoriĂ©tĂ©. Je veux ĂȘtre cĂ©lĂšbre pour ce que je fais de mieux.” Entre 1999 et 2005 naissent Brooklyn, Romeo et Cruz (Harper naĂźtra plus tard, en 2011). Victoria devient alors soccer mum. Mais n’oublie pas les apparences. “Elle a toujours Ă©tĂ© obnubilĂ©e par l’image qu’elle projetait, et donc par les vĂȘtements, raconte Richard Jones, promoteur et organisateur de la tournĂ©e mondiale des Spice Girls. La mode a toujours Ă©tĂ© sa grande passion.” Victoria dĂ©pense donc sans compter, et se montre. Dans les soirĂ©es, les dĂ©filĂ©s, les dĂźners, elle pose. Sourire crispĂ©. Lunettes de mouche. Cheveux effilĂ©s. La mode pouffe. Avec mĂ©chancetĂ©. L’attachĂ©e de presse d’une grande maison française se souvient mĂȘme qu’elle tenta un jour de joindre le management de l’Anglaise pour la convaincre de ne plus porter publiquement les vĂȘtements de la marque: “La consigne venait d’en haut, on considĂ©rait que ce n’était pas bon pour nous que Victoria Beckham s’affiche dans nos vĂȘtements. MĂȘme si elle les avait achetĂ©s elle-mĂȘme
” Les coups de fil resteront sans rĂ©ponse.

“Je ne veux pas la notoriĂ©tĂ© pour la notoriĂ©tĂ©. Je veux ĂȘtre cĂ©lĂšbre pour ce que je fais de mieux”

Victoria Beckham

Mais la passion de Victoria pour la mode suscite aussi des intĂ©rĂȘts. En l’espace de quelques mois, des marques de jeans (Rock & Republic), de lunettes de soleil (Linda Farrow) et de parfum (Coty) proposent Ă  l’Anglaise de crĂ©er des lignes Ă  son nom. Le label japonais Samantha Thavasa, spĂ©cialisĂ© dans les collaborations avec des cĂ©lĂ©britĂ©s Ă  destination d’une clientĂšle jeune, la fait Ă©galement travailler. Quelque temps aprĂšs avoir sollicitĂ© Paris Hilton. Victoria est au mĂȘme niveau que l’hĂ©ritiĂšre: une Ă©gĂ©rie approchable pour marques commerciales. Mais elle serre les dents. Elle s’implique. Elle bosse. Un jour, en 2006, elle se retrouve dans une suite de l’hĂŽtel Costes, Ă  Paris, pour prĂ©senter la collection de lunettes de soleil qu’elle a dessinĂ©e pour Linda Farrow. Elle doit simplement glisser quelques mots. Mais elle fait beaucoup mieux que ça. “Elle Ă©tait hyper impliquĂ©e, trĂšs pro, se souvient Sarah, patronne du magasin Colette. En fait, elle faisait un vĂ©ritable travail de vendeuse.” Dans la foulĂ©e, le crĂ©ateur Marc Jacobs, spĂ©cialiste dans la rĂ©habilitation d’icĂŽnes has been, lui teint les cheveux en rose et la fourre dans un Ă©norme shopping bag pour une campagne publicitaire. L’image restera culte. Au moins auprĂšs des amateurs de shopping bags.

Dans un bureau sans fenĂȘtre

L’idĂ©e de monter sa propre marque naĂźt à ce moment-lĂ . “J’ai adorĂ© collaborer avec toutes ces enseignes, racontait encore Victoria au Guardian. J’ai beaucoup appris comme ça, notamment ce qu’il ne fallait pas faire. En arrĂȘtant de travailler avec elles, j’ai renoncĂ© Ă  beaucoup d’argent. Mais il fallait que je me lance.” Les contours de la marque sont posĂ©s dĂ©but 2007, dans les bureaux de l’agence 19 Entertainment, celle de Simon Fuller, l’homme qui a fait les Spice Girls, un homme de flair, un prĂ©dateur. Victoria lui fait confiance. Avec lui, au fil des ans, elle a appris que “pour survivre dans le business comme dans la savane africaine, il faut ĂȘtre impitoyable”. Contre un tiers de la marque en crĂ©ation, Fuller garantit son soutien financier absolu Ă  Victoria. Il lui donne aussi un minuscule bureau, au rez-de-chaussĂ©e de l’agence, au bord de la Tamise. Il n’y a pas de fenĂȘtre aux murs. Mais il y a des souvenirs. Quinze ans plus tĂŽt, les Spice Girls dĂ©barquaient dans ce mĂȘme bureau pour se faire recruter par l’agent providentiel.

Simon Fuller, qui gĂšre Ă©galement les intĂ©rĂȘts de David Beckham, Jennifer Lopez, Bradley Wiggins ou encore Andy Murray, aide Victoria Ă  structurer sa future marque. L’avocat de Fuller, Zach Duane, est dĂ©tachĂ© pour la paperasse. La dĂ©nommĂ©e Melanie Clark est recrutĂ©e pour assister Victoria au design. Tracy Lowe se charge de la production. Les trois femmes s’activent dans leur coin de bureau, pendant des mois. La premiĂšre collection est finalement prĂȘte en septembre 2008. Elle tient sur un simple rack. Dix modĂšles. Une poignĂ©e de couleurs. L’esthĂ©tique est Ă©purĂ©e. Elle ressemble au style qu’affiche dĂ©sormais la chanteuse: jupes sculpturales s’arrĂȘtant aux mollets et tailles hautes. Pour montrer sa collection, Victoria organise des rendez-vous privĂ©s avec les acheteurs et la presse. Cela se passe au Waldorf-Astoria Hotel, sur Park Avenue, Ă  New York, dans une suite royale, pendant la Fashion Week. David est Ă  Los Angeles avec les enfants. Journalistes et acheteurs se succĂšdent sur la moquette Ă  fleurs. Le premier jour des prĂ©sentations, Victoria porte une jupe noire issue de la collection et des talons vertigineux. Un acheteur d’une boutique de Tokyo se souvient: “Victoria Ă©tait, comme tous les jeunes crĂ©ateurs qui montrent leur collection, nerveuse. Elle montrait les piĂšces une Ă  une, elle mĂȘme. On sentait du stress. Mais elle essayait de faire comme si tout Ă©tait normal.”

Illustration pour Sport Industry Awards 2007 – Red Carpet Arrivals
 
Une femme portant une robe rouge sans manches, des lunettes de soleil, des talons rouges, et tenant un sac Ă  main rouge.
 
Illustration pour Victoria Beckham Sighting In London – February 16, 2013
 
Illustration pour Global Gift Gala – Red Carpet Arrivals
 

Victoria Beckham se sait attendue. D’autres cĂ©lĂ©britĂ©s ont tentĂ© de lancer leur collection avant elle. Beaucoup se sont fait descendre. Mais la rĂ©action est cette fois unanimement positive. Dans The Times, la journaliste de mode Lisa Armstrong se surprend elle-mĂȘme: “Je n’arrive pas Ă  croire que j’écris cela. Mais cette premiĂšre collection Ă©tait un sans-faute.” Pourtant, l’affaire n’est pas encore gagnĂ©e. Quand la collection arrive dans les neuf boutiques que Victoria a fini par retenir parmi toutes celles qui se sont manifestĂ©es pour passer commande, les clients sont sceptiques. “Dans certains pays, il fallait que nous soyons extrĂȘmement malins pour faire oublier aux clients le nom de la marque et le nom de Victoria, se rappelle Zach Duane, devenu directeur exĂ©cutif de la marque. Certains vendeurs dans les boutiques retiraient mĂȘme les Ă©tiquettes des robes et proposaient aux clientes de les essayer sans rien leur dire. Les clientes essayaient, se trouvaient magnifiques et demandaient le nom de la marque. Alors le vendeur donnait le nom de Victoria.”

Rumeurs de copie et canard boiteux

Les prĂ©jugĂ©s ne s’arrĂȘtent pas lĂ . La rumeur court que cette premiĂšre collection n’a pas Ă©tĂ© dessinĂ©e par Victoria elle-mĂȘme. Elle ressemble beaucoup aux collections du Français Roland Mouret. Dont l’agent n’est autre que
 Simon Fuller. Le rapprochement est vite fait. Victoria doit se justifier. Elle admet connaĂźtre Roland. Aimer ses crĂ©ations. Les porter rĂ©guliĂšrement. Lui avoir parlĂ© de sa propre collection. Mais elle dĂ©ment son implication directe dans la crĂ©ation. “Il n’y avait pas d’équipe de design cachĂ©e, j’étais lĂ  à toutes les étapes, confie-t-elle alors. Roland n’a absolument pas aidĂ© au design, il m’a simplement conseillĂ©e de recruter Melanie, une ancienne de chez lui, pour m’aider.” L’intĂ©ressĂ© confirmera cette version: “Oui, je lui ai donnĂ© des conseils, des noms. C’est tout, rien de plus.” Cinq ans plus tard, les doutes sont dissipĂ©s. Victoria Beckham a diversifiĂ© son offre à un point tel que les rapprochements sont devenus totalement vains. Et que mĂȘme Karl Lagerfeld se prosterne. À sa façon. “C’est pas mal du tout ce qu’elle fait.”

“Ce qui motive Victoria Beckham aujourd’hui? La peur, l’insĂ©curitĂ©â€

Zach Duane, directeur exécutif de sa marque

La suite? Des ouvertures de boutiques. Plein de boutiques. Le dĂ©veloppement de la marque passe par lĂ . Il passera aussi bientĂŽt par un dĂ©mĂ©nagement. Les anciens bureaux de Simon Fuller, dĂ©sormais entiĂšrement squattĂ©s, sont devenus trop petits pour accueillir tout le monde. Et ce, malgrĂ© l’ouverture d’un bureau permanent l’an dernier Ă  New York. Ce qui motive Victoria Beckham aujourd’hui? “Je pense que c’est la peur, l’insĂ©curitĂ©, rĂ©pond Zach Duane. C’est toujours ce qui pousse les gens cĂ©lĂšbres et qui ont rĂ©ussi Ă  avancer encore. Victoria est toujours la premiĂšre Ă  admettre qu’elle s’est longtemps sentie considĂ©rĂ©e comme un canard boiteux, et elle a eu envie que cela change. Elle a eu du succĂšs en tant qu’artiste, elle a gagnĂ© beaucoup d’argent, elle a Ă©pousĂ© le sportif le plus cĂ©lĂšbre du monde, elle aurait pu dire ‘stop, je vais me reposer’. Mais elle ne l’a pas fait.” Victoria Beckham n’est pas de celles qui abandonnent facilement. À l’école, elle Ă©tait loin d’ĂȘtre la meilleure. Pareil en cours de danse. Le casting des Spice Girls aurait Ă©galement pu lui Ă©chapper. Cela s’est jouĂ© Ă  rien. “Rien n’a jamais Ă©tĂ© facile pour moi. Je n’attends pas que les choses se passent. Je vais les chercher. Je n’attends pas qu’on m’appelle. Je prends le tĂ©lĂ©phone moi-mĂȘme, j’appelle et je harcĂšle les gens. Les choses finissent toujours par arriver.” Surtout sur Dover Street.

Society #1

Illustration pour Come to (Sugar) Daddy
 Photos: Annie Tritt pour Society

Come to (Sugar) Daddy

ProxĂ©nĂšte ou simple businessman? Brandon Wade est Ă  la tĂȘte du site de rencontres le plus scandaleux du moment. Convaincu que le moyen le plus sĂ»r de sĂ©duire est encore d’en avoir dans le portefeuille, il a créé en 2006 Seeking Arrangement, un site mettant en relation des hommes fortunĂ©s (sugar daddies) et des femmes dĂ©munies et souvent beaucoup plus jeunes (sugar babies). Ils sont aujourd’hui plus de deux millions Ă  s’adonner Ă  ces petits arrangements entre “amis”. Et Brandon a, enfin, une vie sexuelle Ă©panouie.
Un tĂ©lĂ©phone affiche une application ressemblant Ă  Tinder, avec deux flux sortant de l'Ă©cran : Ă  gauche, une substance verte et visqueuse, et Ă  droite, une multitude de cƓurs roses.
 Illustration: Kelsey Dake

Tinder Délice

Success story? PhĂ©nomĂšne de sociĂ©tĂ©? Sitcom? Ou tout cela Ă  la fois? Comme il y a eu Facebook, il y a dĂ©sormais Tinder. Une petite start-up californienne fondĂ©e par de jeunes nerds ambitieux qui se targue d’avoir changĂ© le jeu de la sĂ©duction au niveau mondial, et qui pĂšserait plusieurs milliards de dollars. Mais qui, comme toute saga, comporte aussi sa part d’ombre: cadavres dans le placard, guerres d’ego, couples qui se brisent. EnquĂȘte.
Un homme portant un casque Ă  cornes et des lunettes de soleil se tient sur le pont d'un bateau, levant un bras en l'air. Il porte un t-shirt avec l'inscription "Norway". En arriĂšre-plan, on voit la mer et un ciel partiellement nuageux.
 Photos: Peter Beste pour Society

Le bateau ivre

Ils n’auraient ratĂ© ça pour rien au monde. Il y a quelques semaines, s’élançait depuis la Floride la cinquiĂšme Ă©dition de “70 000 Tons of Metal”, la plus grande croisiĂšre heavy metal de l’univers, avec 3 500 fans et 60 groupes, parmi lesquels Soulfly, Venom ou Napalm Death. Et une escale mĂ©ritĂ©e en JamaĂŻque. Reportage en haute mer, entre cornes de vache, headbanging et riffs d’acier.
Un homme est allongĂ© sur le sol, les mains croisĂ©es derriĂšre la tĂȘte, dans un paysage naturel avec des collines et des arbres en arriĂšre-plan.
 Photos: Matilde Gattoni / Tandem Reportages

Bombes Ă  retardement

Le 30 avril 1975, la chute de SaĂŻgon marquait la fin de la guerre du Vietnam. Quarante ans plus tard, le conflit continue pourtant tous les jours de faire des ravages. Notamment au
 Laos, oĂč les États-Unis larguĂšrent plus de 270 millions de bombes dans le cadre d’une opĂ©ration secrĂšte. Un tiers de ces bombes n’ont pas explosĂ© Ă  l’époque, et ont tuĂ© depuis 500 Laotiens par an en moyenne.
Une main tient une allumette allumée, et la fumée qui s'en échappe forme le visage d'une personne.
 Illustration: Charlotte Delarue pour Society

L’art et le pyromane

En entrant dans une maison oĂč il est venu voler de la viande pour nourrir sa famille, un homme se blesse. De peur que son sang ne rĂ©vĂšle son ADN, il dĂ©cide de mettre le feu. Manque de chance, il y a, dans cette demeure, un Braque et un Picasso, qui partent en fumĂ©e. L’homme Ă©cope de cinq ans de prison. VoilĂ  comment l’histoire est contĂ©e en ce dĂ©but d’annĂ©e. C’était Ă©videmment un peu plus compliqué  EnquĂȘte.
Illustration pour L’ennemi public N° 2.0
 

L’ennemi public N° 2.0

Il a un passĂ© de scout, un cursus universitaire brillant, un sourire de fils parfait. Le 5 fĂ©vrier dernier, Ross Ulbricht, 30 ans, a pourtant Ă©tĂ© reconnu coupable par la justice amĂ©ricaine d’avoir organisĂ© un immense trafic de drogues via son site internet Silk Road, sorte d’eBay du narcotrafic, et d’avoir commanditĂ© six assassinats. Comment passe-t-on de gendre idĂ©al Ă  Pablo Escobar du deep web? EnquĂȘte.
Illustration pour “Cela n’a pas besoin d’ĂȘtre propre”
 

“Cela n’a pas besoin d’ĂȘtre propre”

Incluses dans le dossier judiciaire, les conversations entre Dread Pirate Roberts et le “membre des Hell’s Angels” Redandwhite, retrouvĂ©es sur le PC de Ross Ulbricht, oscillent entre la nĂ©gociation commerciale, le tutoriel d’utilisation de Tor et d’interminables palabres sur la façon de traiter les gĂȘneurs. Dans cet extrait, DPR et R&W discutent du sort de FriendlyChemist, fournisseur d’un dealer de Silk Road qui fait chanter Ross et menace l’anonymat de milliers d’utilisateurs du site.

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