Xavier Dupont de LigonnĂšs (3/6) | Society
EnquĂȘte

Xavier Dupont de LigonnĂšs (3/6)
Les derniers jours

TroisiĂšme partie de notre rĂ©cit sur l’affaire Dupont de LigonnĂšs: comment un homme qui ressemble Ă  un pilier familial et un ami idĂ©al en vient-il Ă  assassiner sa femme, leurs quatre enfants et leurs deux chiens avant de disparaĂźtre? La rĂ©ponse en 50 ans de descente aux enfers.
  • Par P. Boisson, M. Chamoux, S. Gouverneur et T. Raisse
  • 24 min.
  • EnquĂȘte
Une rue bordée d'arbres avec des voitures garées sur le cÎté et des lumiÚres de voiture visibles au loin, sous un ciel crépusculaire.
Le 08 Juillet 2020 Ă  Nantes. BientĂŽt 10 ans aprĂšs la disparition de Xavier Dupont de LigonnĂšs souçonnĂ© du meutre de sa femme et de ses quatre enfants dĂ©but avril 2011 Ă  Nantes. Le pĂšre de famille est toujours recherchĂ©. SUR LA PHOTO: Vue sur le boulevard Schuman oĂč habitait au numĂ©ro 55 la famille Dupont de Ligonnes.Photo: ThĂ©ophile Trossat pour Society

  Épisode prĂ©cĂ©dent : Xavier Dupont de LigonnĂšs (2/6) La grotte 

Chapitre 5

Les derniers jours

Une façade de bĂątiment avec des balcons en fer forgĂ©, des fenĂȘtres et une porte d'entrĂ©e. Un arbre est situĂ© devant le bĂątiment, et une poubelle est visible sur le trottoir. À gauche, il y a un abribus avec le nom "AmĂ©ricains".
 Photo: Théophile Trossat pour Society

DIMANCHE 3 AVRIL 2011

Le dimanche 3 avril s’écoule comme un dimanche de printemps sur les bords de la Loire. Sans histoires. Le FC Nantes est en deuxiĂšme division, le match hebdomadaire n’aura lieu que demain, contre Boulogne-sur-Mer. À son domicile, Emmanuel Teneur tourne en rond. Il a perdu son emploi il y a plusieurs mois, il tue le temps en buvant beaucoup trop. Dans l’aprĂšs-midi, il appelle Xavier Ă  deux reprises, sans succĂšs. Celui-ci ne dĂ©croche pas son tĂ©lĂ©phone, et pourtant, il n’a pas quittĂ© son domicile.

Arthur, le plus ĂągĂ© des enfants, revient Ă  la maison dans l’aprĂšs-midi. Il est en deuxiĂšme annĂ©e de BTS ingĂ©nieur Ă  Saint-Laurent-sur-SĂšvre, Ă  une soixantaine de kilomĂštres au sud-est de Nantes, mais gagne son argent de poche en travaillant Ă  Pizza Tempo le week-end. Ce dimanche, il a pris son poste Ă  11h et l’a quittĂ© Ă  14h55. À 16h, AgnĂšs et Anne rentrent Ă  leur tour. Sur le coup de 17h, Thomas part pour Angers, oĂč il vit en internat la semaine. La famille LigonnĂšs a prĂ©vu d’aller au cinĂ©ma. Elle s’est fixĂ©e sur la sĂ©ance de 18h (Ă  laquelle elle arrive avec dix minutes d’avance) pour voir le film d’animation Rango, une parodie de western dont le personnage principal est un camĂ©lĂ©on anthropomorphe et dont le mantra rĂ©sonne bizarrement a posteriori : “Personne ne peut Ă©chapper Ă  sa propre histoire.” On dirait que les services marketing du blockbuster l’ont pensĂ© pour les LigonnĂšs: un film qui peut plaire aux petits comme aux grands, Ă  BenoĂźt, 13 ans, comme Ă  son pĂšre, fascinĂ© par les États-Unis et la culture country. AgnĂšs rĂšgle les places avec sa carte bleue et, en attendant que le film commence, Ă©change des SMS avec son mari, pourtant assis Ă  la mĂȘme rangĂ©e qu’elle.

Épisode suivant : Xavier Dupont de LigonnĂšs (4/6) Le capitaine 

La grande enquĂȘte Dupont de LigonnĂšs

Society #136

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