

Jusquâau mois dâavril dernier, les Janot incarnaient la parfaite petite famille française, avec une maison, un jardin, trois enfants et deux voitures â une Renault Scenic et une Fiat Panda. Au printemps, leur vie bascule. Les Janot vendent leurs bagnoles et les remplacent par un vĂ©lo-cargo, achetĂ© 4 000 euros. âCâest ma femme qui a eu lâidĂ©e. Tout seul, je crois que je nâaurais pas osĂ©â, rougit ClĂ©ment, le pĂšre, chirurgien-dentiste Ă Saint-Brieuc. La petite tribu ne se dĂ©place dĂ©sormais quâĂ bord de ce traĂźneau Ă pĂ©dales, long de 2,60 mĂštres, sur lequel est greffĂ© un coffre avec des ceintures de sĂ©curitĂ© pour les enfants ĂągĂ©s de 2, 5 et 8 ans. Les Janot lâenfourchent en toutes circonstances et par tous les temps. Lâengin carbure Ă la force des mollets et dâune assistance Ă©lectrique, bien utile pour tracter une bĂȘte qui titille les 50 kilos. âOn nous dit de faire des efforts pour la planĂšte. On trie, on fait gaffe Ă ce que lâon consomme. Rouler exclusivement Ă vĂ©lo, câest un pas supplĂ©mentaire, Ă©claire ClĂ©ment pour expliquer le choix familial. Les gens nous arrĂȘtent dans la rue et nous disent: âWouah, câest formidable ce que vous faites, vous ĂȘtes des surhommes!â Comme si ce changement de moyen de transport paraissait inaccessible⊠En rĂ©alitĂ©, câest loin dâĂȘtre infaisable. Ce nâest ni un sacrifice ni un retour en arriĂšre.â On peut plutĂŽt parler de bon dans le futur. Leur dĂ©cision de changer de vĂ©hicule prĂ©figure une sociĂ©tĂ© dans laquelle la bagnole aura disparu des villes. Ce qui nâest pas pour tout de suite.





