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Cargo, boulot, dodo

Le vĂ©lo-cargo est Ă  la bicyclette ce que le pick-up est Ă  l'automobile: un vĂ©hicule utilitaire XXL muni d'une benne. PrĂ©sentĂ© comme “la voiture de demain”, l'engin est porteur des promesses les plus folles de la sociĂ©tĂ© Ă©cologique post-bagnole. Sauf que la France n'est pas la Scandinavie.
Des personnes circulent à vélo dans une rue de la ville. Une femme conduit un vélo avec un bac à l'avant transportant un enfant portant un casque rouge. Un homme et une autre femme à vélo les accompagnent. D'autres personnes et un camion sont visibles en arriÚre-plan.
 AFP/Serge Attal
  • Pierre-Philippe Berson
  • 8 min.
  • Tendance

Jusqu’au mois d’avril dernier, les Janot incarnaient la parfaite petite famille française, avec une maison, un jardin, trois enfants et deux voitures – une Renault Scenic et une Fiat Panda. Au printemps, leur vie bascule. Les Janot vendent leurs bagnoles et les remplacent par un vĂ©lo-cargo, achetĂ© 4 000 euros. “C’est ma femme qui a eu l’idĂ©e. Tout seul, je crois que je n’aurais pas osĂ©â€, rougit ClĂ©ment, le pĂšre, chirurgien-dentiste Ă  Saint-Brieuc. La petite tribu ne se dĂ©place dĂ©sormais qu’à bord de ce traĂźneau Ă  pĂ©dales, long de 2,60 mĂštres, sur lequel est greffĂ© un coffre avec des ceintures de sĂ©curitĂ© pour les enfants ĂągĂ©s de 2, 5 et 8 ans. Les Janot l’enfourchent en toutes circonstances et par tous les temps. L’engin carbure Ă  la force des mollets et d’une assistance Ă©lectrique, bien utile pour tracter une bĂȘte qui titille les 50 kilos. “On nous dit de faire des efforts pour la planĂšte. On trie, on fait gaffe Ă  ce que l’on consomme. Rouler exclusivement Ă  vĂ©lo, c’est un pas supplĂ©mentaire, Ă©claire ClĂ©ment pour expliquer le choix familial. Les gens nous arrĂȘtent dans la rue et nous disent: ‘Wouah, c’est formidable ce que vous faites, vous ĂȘtes des surhommes!’ Comme si ce changement de moyen de transport paraissait inaccessible
 En rĂ©alitĂ©, c’est loin d’ĂȘtre infaisable. Ce n’est ni un sacrifice ni un retour en arriĂšre.” On peut plutĂŽt parler de bon dans le futur. Leur dĂ©cision de changer de vĂ©hicule prĂ©figure une sociĂ©tĂ© dans laquelle la bagnole aura disparu des villes. Ce qui n’est pas pour tout de suite.

Society #112

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