

Quand Mariana Enriquez vient à Paris, elle en arpente les cimetières. À Guadalajara, Gênes ou La Havane, pareil. C’est une coutume de voyage. Chacun les siennes. L’écrivaine argentine connaît très bien les tombes de Montmartre et du Montparnasse, elle aime aussi le Père-Lachaise, où on peut saluer Oscar Wilde et Allan Kardec, le père du spiritisme. Un jour, elle a volé un os dans les catacombes et l’a baptisé “François”, en imaginant qu’il puisse appartenir à Rabelais, enterré au cimetière des Innocents avant que les ossements ne soient transférés. En 2013, Enriquez a tiré de ce loisir touristique une collection de récits, Alguien camina sobre tu tumba (“Quelqu’un marche sur ta tombe”, non traduit en français), qui dessine aussi en filigrane une histoire de sa vie, ses amours perdues, retrouvées, la musique partout, un besoin ou un talent pour mettre du frisson dans son quotidien.




