Un frisson dans la nuit | Society
Portrait

Un frisson dans la nuit

Ses livres sont remplis de maisons hantées, de drogue, de mystère et de rock. Et ce n'est pas pour la flambe, explique l'Argentine Mariana Enriquez, l'une des écrivaines les plus cruciales de l'époque.
  • Par Pierre Boisson
  • 18 min.
  • Portrait
L'image montre un visage stylisé en vert avec les mains levées de chaque côté, au-dessus d'un crâne blanc avec des motifs rouges et verts sur le dessus. Le fond est noir, créant un contraste saisissant avec les couleurs vives des figures.
 Illustrations : Dr. Alderete

Quand Mariana Enriquez vient à Paris, elle en arpente les cimetières. À Guadalajara, Gênes ou La Havane, pareil. C’est une coutume de voyage. Chacun les siennes. L’écrivaine argentine connaît très bien les tombes de Montmartre et du Montparnasse, elle aime aussi le Père-Lachaise, où on peut saluer Oscar Wilde et Allan Kardec, le père du spiritisme. Un jour, elle a volé un os dans les catacombes et l’a baptisé “François”, en imaginant qu’il puisse appartenir à Rabelais, enterré au cimetière des Innocents avant que les ossements ne soient transférés. En 2013, Enriquez a tiré de ce loisir touristique une collection de récits, Alguien camina sobre tu tumba (“Quelqu’un marche sur ta tombe”, non traduit en français), qui dessine aussi en filigrane une histoire de sa vie, ses amours perdues, retrouvées, la musique partout, un besoin ou un talent pour mettre du frisson dans son quotidien.

Society #201

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