

Au checkpoint de Kalandia, Ă six kilomĂštres de Ramallah, oĂč ils font la queue pendant des heures pour entrer en IsraĂ«l comme pour en sortir, ils le voient tous les jours. Son visage sâĂ©tale sur plusieurs mĂštres, dessinĂ© par un artiste palestinien sur un mur de bĂ©ton gris. Ă cĂŽtĂ© du portrait de Yasser Arafat keffieh sur la tĂȘte, celui de Marwan Barghouti le reprĂ©sente menottĂ©, en chemise, la bouche lĂ©gĂšrement entrouverte, comme sâil Ă©tait en train de dire quelque chose. Le graffiti est apparu sur le mur en 2010. Barghouti, lui, est ballottĂ© de cellule en cellule de diverses prisons israĂ©liennes depuis prĂšs de 22 ans. Mais les Palestiniens qui y jettent un Ćil en voyant les heures dĂ©filer au checkpoint le regardent peut-ĂȘtre diffĂ©remment depuis le 7 octobre 2023. Car plus que jamais, le visage de Marwan Barghouti suggĂšre un espoir fou, tout petit comme un point qui clignote dans la nuit, celui de la paix. Celui que lâon surnomme le âMandela palestinienâ et qui partage, de fait, de nombreux points communs avec le mythique leader sud-africain, apparaĂźt dĂ©sormais comme encore plus que ça: lâespoir de la derniĂšre chance, lâunique personnalitĂ© capable de garantir, un jour, un dĂ©nouement pacifique du conflit. Et ce, y compris en IsraĂ«l, oĂč de plus en plus de voix se sont Ă©levĂ©es, ces derniers mois, pour appeler Ă sa libĂ©ration.










