Parole à la défense | Society
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Parole à la défense

Elle a défendu des accusés dans les affaires de terrorisme liées à Mohamed Merah et aux attentats de Trèbes et Carcassonne. Récemment, elle s'est fait remarquer en plaidant la cause de Cédric Jubillar lors de son procès. Et elle découvrira bientôt le milieu du grand banditisme corse. Qu'est-ce qui fait donc courir l'avocate Emmanuelle Franck?
  • Par Vincent Riou, à Toulouse / Photos: Guillaume Rivière
  • 15 min.
  • Portrait
Une femme aux cheveux bouclés regarde par une fenêtre, vêtue d'un pull marron. Elle est assise sur un canapé dans un intérieur lumineux.
 Photos : Guillaume Rivière pour Society

“Des gens viennent vous dire bravo, c’est gentil, on en comprend qu’on a fait un travail pas trop mauvais, mais en même temps, on ne va pas tourner autour du pot: c’est un échec.” Durant quatre semaines, du 22 septembre au 17 octobre derniers, à Albi, devant la cour d’assises du Tarn, Me Emmanuelle Franck a défendu, avec son associé Me Alexandre Martin, Cédric Jubillar, accusé du meurtre de son épouse, Delphine. Un procès ultra-médiatisé lors duquel l’avocate de 44 ans n’est pas passée inaperçue auprès des plus grandes plumes de la chronique judiciaire, de Stéphane Durand-Souffland titrant dans Le Figaro “Une plaidoirie d’anthologie sous le signe du doute” à Pascale Robert-Diard mettant en exergue dans Le Monde “un grand moment de défense”, ce qui a incité sa mère à acheter le “journal du soir” en triple exemplaire. Bon pour l’ego, mais au bout des débats, donc, Cédric Jubillar a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle. “Notre but, c’est de convaincre, pas de se faire plaisir ou de s’écouter parler. On a un peu l’impression que certains pensent que l’avocat fait une prestation, que c’est du spectacle, une fiction, qu’il n’y a pas un mec qui va effectivement passer 30 ans en taule.” Emmanuelle Franck n’aura pas l’occasion d’inverser la tendance: son client a décidé, pour son prochain procès en appel, de changer d’avocat, semble-t-il sur les conseils d’une “admiratrice”, selon Libération. “C’est la vie du pénal, réagit placidement Emmanuelle Franck. On est habitués à ça, les gens jouent leur vie. On s’y attendait, on savait que ça pouvait arriver, on n’est pas tombés des nues.” Et puis surtout, c’est bien connu: pendant les affaires, les affaires continuent.

Society #274

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