Dieu n’habite plus ici | Society
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Dieu n'habite plus ici

Alors que le nombre de croyants ne cesse de chuter en France, il arrive que les églises tombées en désuétude soient reconverties en lieux plus ou moins excentriques. Visite guidée.
  • Par Chloé Sharrock
  • 4 min.
  • Reportage
Une main repose sur une croix en métal, posée sur une surface en bois.
 Photos: Chloé Sharrock (MYOP)
L'image montre des cadres en bois empilés contre un mur, partiellement recouverts par un tissu blanc. Un autre tissu rouge avec des motifs floraux colorés est également visible.
 Photos: Chloé Sharrock (MYOP)

Année après année, le nombre de croyants ne cesse de diminuer en France. Selon une étude de l’Insee parue en 2023, ils représenteraient même désormais moins de la moitié de la population. Parmi eux, 29% de catholiques, dont seulement 8% de pratiquants. Conséquence de cette inévitable érosion, les églises et autres édifices religieux sont peu à peu désertés, parfois reconvertis en locaux associatifs, voire revendus et transformés de façon étonnante: boîtes de nuit ou bars, habitations privées, centres d’art. C’est en tout cas ce qu’a constaté la photographe Chloé Sharrock, qui a documenté ce phénomène dans le cadre de la “grande commande pour le photojournalisme” de la BNF, “Radioscopie de la France”. Un travail dont le titre, Dieu n’habite plus ici, est identique à celui d’un colloque du Vatican qui s’est tenu en 2018. Signe de l’intérêt accordé au sujet par les plus hautes instances de l’Église, le pape François avait alors pris la parole, estimant que la désaffectation d’un nombre croissant d’églises, dans les villes comme dans les campagnes, ne devait pas être perçue “avec anxiété mais comme un signe des temps qui nous invite à une réflexion et nous impose une adaptation” . Chloé Sharrock note en présentation de son travail que si la vente d’une église se vit parfois comme “un véritable sacrilège”, certains prêtres poussent en revanche leurs fidèles “à percevoir ces mutations comme une contribution au développement des territoires. Un premier pas vers leur sécularisation, tout en conservant des valeurs communes”.

Society #232

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