

Le succès d’un certain nombre de pétitions en ligne ces dernières années –’L’Affaire du siècle’ contre l’inaction climatique, ou celles contre la réforme des retraites et contre la loi Duplomb, par exemple– traduit-il une nouvelle forme d’engagement populaire, une volonté accrue de participation des citoyens? Du point de vue de la recherche, il existe deux thèses sur le phénomène. D’un côté, des auteurs parlent d’un ‘slacktivism‘ ou ‘clicktivism‘: on clique sur une pétition comme on met un like. Certes, grâce à Internet, il y a des gens qui avant ne participaient pas et qui maintenant le font, mais c’est plutôt une participation ‘de bonne conscience’. Ça ne coûte pas grand-chose. Quelques-uns de ces auteurs avancent même l’idée qu’il existe une forme de substitution, c’est-à-dire qu’on ne va plus en manifestation, on clique. De l’autre côté, certains parlent en revanche d’un effet ‘pied dans la porte’. C’est l’idée qu’avec la signature, et la discussion qui peut la précéder, s’enclenche une sensibilisation, voire une politisation, qui va ensuite inciter les gens à s’impliquer davantage, en allant voter, manifester, etc. Dans les faits, si on regarde les études, on trouve un peu des deux catégories parmi les signataires de pétitions.
















