

Le 2 boulevard Ămile-Augier, dans le XVIearrondissement de Paris, vit loin du tumulte du monde. Tout, dans ce bĂątiment haussmannien, semble endormi: Ă travers les lourdes portes vitrĂ©es, on aperçoit le hall marbrĂ© plongĂ© dans le silence et la loge de la concierge, absente. Vers 15h, un rĂ©sident sâextrait du luxueux cocon, avec la mĂ©fiance qui sied Ă son quartier. Dâaussi loin quâil se souvienne, lâimmeuble a toujours Ă©tĂ© tranquille, sans histoires. Sauf peut-ĂȘtre juste avant son emmĂ©nagement. Il a posĂ© ses valises ici âquelques mois aprĂšs le drame, au moment oĂč lâappartement de Charles Ray Ă©tait mis en venteâ. CâĂ©tait au dĂ©but des annĂ©es 1980. Le lieutenant-colonel Charles R. Ray Ă©tait un diplomate amĂ©ricain en poste Ă Paris. Il est 9h10 ce 18 janvier 1982 quand il sort de lâimmeuble pour se rendre Ă son travail, impermĂ©able sur le dos et sacoche Ă la main. Alors quâil se dirige vers sa voiture, un homme surgit et lui tire dessus. Ray meurt sur le coup. Un tĂ©moin donne Ă la police une vague description du tueur: un jeune homme âaux cheveux longs et mal vĂȘtuâ. Sur les lieux du crime, les enquĂȘteurs retrouvent la douille dâune balle, calibre 7,65 mm. La famille du lieutenant-colonel dĂ©mĂ©nage dans la foulĂ©e.











