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Les téléphones de la vie de Delphine de Vigan

L'intrigue du nouveau livre de l'écrivaine se déroule autour d'un téléphone portable. Raison toute trouvée pour lui demander de ressortir les téléphones les plus importants de sa vie.
Illustration pour Les téléphones de la vie de Delphine de Vigan
 
  • Nicolas Fresco / Illustrations: Clémentine Oberkampf
  • 6 min.
  • Top 5
Un téléphone à cadran rotatif vintage de couleur bleue avec un combiné et un cordon spiralé.
 

11 ans

Un téléphone en Bakélite gris à cadran

“C’est celui des farces par téléphone. J’ai eu une période ‘canulars’ assez longue. Avec Fred, ma grande amie du collège, on y passait nos fins de journée avec des scénarios… plus ou moins drôles! On appelait un avocat en disant ‘Bonjour, Maître Renard, ici Maître Corbeau’ ou alors des boucheries-charcuteries pour demander ‘Est-ce que vous avez des pieds de cochon? Oui? Ah bah ça doit pas être pratique pour marcher!’. Un peu plus tard, on proposait de faux concours type Jeu des 1 000 euros à des personnes dont on prenait le numéro au hasard dans le bottin. On faisait ça quand les parents avaient le dos tourné. Effarée par la facture de téléphone, ma mère avait mis un cadenas sur l’appareil. Mais ma sœur et moi en avions trouvé la clé. Il a fallu qu’elle demande une facture détaillée pour comprendre que l’on continuait d’appeler! Ensuite, à l’adolescence, j’ai déménagé en Normandie et ce téléphone est devenu celui des conversations interminables avec des copines de classe. On s’appelait pour commenter la journée, parler des histoires d’amour. Je me souviens du cordon qu’il fallait tirer au maximum pour pouvoir s’isoler et avoir un peu d’intimité.”

Un téléphone fixe vintage avec un combiné marron et un clavier à touches noires et grises, dont une touche rouge.
 

20 ans

Un téléphone en Bakélite marron à touches

“C’est, pour moi, le téléphone de l’entrée dans l’âge adulte. C’est celui que j’avais dans mon studio à Paris, où je suis revenue à 17 ans pour faire mes études, avant de commencer à travailler, à 21 ans, dans un institut d’études qualitatives sociologiques. J’ai le souvenir d’avoir passé des journées sans sortir parce que j’attendais que le magnifique jeune homme que j’avais rencontré dans une soirée m’appelle éventuellement, et sortir, c’était prendre le risque de rater l’appel. C’est donc le téléphone des premières rencontres amoureuses, et notamment de celle avec le père de mes enfants. C’est compliqué pour eux, aujourd’hui, de se représenter le fait qu’on pouvait ne pas sortir pour ne pas rater un appel. Ou raccrocher au nez de quelqu’un parce qu’on attendait un appel et qu’on ne voulait pas que la ligne soit occupée.”

Society #274

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