

“Bonjour, vous cherchez un donneur?” Il suffit de rejoindre un groupe dédié sur n’importe quel réseau social -au hasard, “Donneur de sperme”, sur Facebook- pour se faire poser la question sans tarder. Les messages plus étoffés et argumentés ne manquent pas non plus, et il arrive aussi que le CV du potentiel géniteur soit déroulé sans même qu’on le demande. Tout cela en deux clics. La preuve, s’il en fallait une, que le don de sperme illicite s’est démultiplié en ligne ces dernières années, donnant naissance à un véritable Far West. La plupart des annonces émanent de couples de lesbiennes et de femmes célibataires dont l’âge oscille entre 35 et 45 ans. Autour d’elles gravitent aussi quelques couples hétérosexuels qui n’ont pas les moyens d’aller à l’étranger et préfèrent contourner les 12 à 18 mois d’attente en France -en moyenne- pour procréer dans un cadre légal avec l’aide d’un Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme (CECOS), seul autorisé à faire intervenir la science quand la nature refuse de coopérer. Dans ces annonces, la méthode est clé. Il y a l’“artisanale” (une conception sans sexe), la “semi-naturelle” (une pénétration éclair juste avant l’éjaculation) et la “naturelle”, minoritaire, qui implique un véritable rapport sexuel. Si nombre des publications insistent sur la gratuité de l’acte, quelques hommes demandent une contrepartie d’une dizaine à une centaine d’euros. Quand donneurs et receveuses mentionnent les termes “sans copa”, ils entendent “sans coparentalité”. Autrement dit: le géniteur s’engage moralement à ne pas revendiquer de paternité, même si la loi ne lui impose rien.
















