

C’est l’histoire d’un mec largué par sa meuf, en rage quit de son job, à qui il ne restait plus que 174 dollars sur son compte, et qui n’a pas lâché l’affaire. À l’hiver 1948, en plein blizzard, Korczak Ziółkowski part tous les jours à l’assaut d’un pic de 172 mètres qu’il veut tailler à mains nues pour en faire la plus grande sculpture du monde. “Ça prendra peut-être 100 ans, et alors? Une minute, une heure, un an, qu’est-ce que ça change?” Jour et nuit, le sculpteur fou avale 741 marches d’un escalier qu’il a découpé jusqu’au sommet d’une montagne, hisse à lui seul 29 tonnes de bois de charpente et en fait descendre dix de granit, qu’il arrache à coups de marteau-piqueur frénétiques. Quand Bouddha, son compresseur, tombe en rade au pied du massif, il fait l’aller-retour pour le relancer. Cela arrive jusqu’à neuf fois par jour. La barbe pousse, les épaules s’épaississent, bientôt il arrêtera de compter les années.








