

L’Anomalie est en passe de franchir la barre du million d’exemplaires vendus, ce qui en fait le Goncourt avec le plus de succès depuis 40 ans. Vous qui écrivez depuis 30 ans, vous aviez déjà imaginé vivre un truc pareil? C’est du délire. Je suis évidemment content, et même honoré. Mais ça fait 50 ans que je lis vraiment, disons depuis que j’ai 12 ou 13 ans, et je vois bien que les livres qui se vendent le plus ne sont pas les meilleurs. Les livres qui peuplent ma bibliothèque ne sont pas des grosses ventes, et je fais une distinction totale entre les succès éditoriaux et la réussite personnelle en tant qu’auteur. Pour moi, un auteur qui réussit produit des livres qui l’intéressent et qui le font vivre. Moi, ça allait, j’en vivais, et je suis content de tous mes livres précédents, je n’ai jamais été très envieux des succès commerciaux. Par exemple, je connais Marc Lévy depuis qu’il a 14 ans, je suis un copain de sa sœur, on a quatre ans d’écart. Je ne pensais pas qu’un jour il aurait un tel succès: le phénomène Marc Lévy m’a stupéfait, mais je n’ai jamais été jaloux, au contraire. C’est dissocié. Vous connaissez Madame Cottin?


