

Vous avez choisi d’adapter L’Origine du monde, une pièce de Sébastien Thiéry, pour votre premier film en tant que réalisateur. Qu’est-ce qui fait que l’on a envie de réaliser un film quand on est acteur? J’y ai toujours pensé. Déjà ado, quand j’aimais un film, je le revoyais, j’essayais de comprendre le montage, le découpage, pourquoi telle scène était filmée de telle façon. À 17 ans, j’ai dévoré le livre d’entretiens Hitchcock/Truffaut. J’ai toujours eu le désir d’explorer les différentes manières de raconter des histoires, que ce soit au cinéma, au théâtre ou à la radio. Là, c’est la première fois que j’ai l’impression de faire du cinéma, au sens propre. Quand j’étais gamin et que je regardais Indiana Jones, j’avais l’impression qu’il fallait être acteur pour vivre les aventures du personnage. Alors que ce plaisir-là -je m’en rends compte aujourd’hui- est plus du côté du réalisateur.
Vos parents étaient cinéphiles? Pas particulièrement, on regardait principalement les films à la télé. Mes parents étaient dans l’immobilier. Mon père était marchand de biens. C’est quelqu’un qui achète un bien immobilier en mauvais état, le rénove et le revend avec une marge. Il avait vraiment le sens du détail, une vraie sensibilité au beau. Il enlevait les cloisons, les faux plafonds, il voulait retrouver les poutres, les colombages, les pierres apparentes, il récupérait des vieilles tomettes. Parfois, il me disait: ‘Là, on a mis des cache-gonds, parce que les gonds des fenêtres, c’est pas joli.’


