“Je ne saurais pas raconter une adolescence sans le bédo”
Nicolas Mathieu a commencé par beaucoup fumer. Il a ensuite regardé des films, eu du mal avec les filles, essayé de s'arracher des Vosges et de sa classe sociale, il s'est engueulé avec son père et a multiplié les petits boulots. Et puis l'année dernière, à 40 ans, il a gagné le prix Goncourt.
Il y a un an, tu recevais le prix Goncourt. Ça change quoi, concrètement? C’est comme un kidnapping. Le matin du 7 novembre, j’étais donné très perdant par tout le monde, donc j’y allais pour le déjeuner dit ‘de la lose‘. Et puis finalement, boum! Les salons, la presse, ça ne s’arrête plus. Avant le Goncourt, quand je faisais une signature en librairie, il y avait quatre personnes, dont deux Lorrains… La semaine après le prix, j’étais à Montélimar, dans un auditorium où il y avait 300 personnes. Et ça a été comme ça pendant six mois. Jusqu’à ce que Michel Houellebecq sorte un livre et là, c’était fini.